Politique

Revue de presse : l’UE et la Russie au sommet de Nice

Article publié le 14 novembre 2008
Article publié le 14 novembre 2008
Ce week-end, dans le sud de la France, l'UE souhaite parvenir à un accord de partenariat avec la Russie. Des négociations provisoirement suspendues en raison de la guerre en Géorgie. Et la presse européenne en parle…

Corriere della Sera - Italie

Le problème majeur pour le quotidien Corriere della Sera est la dépendance de l'UE à l'énergie russe : « Le ciel politique au-dessus de Nice est de plomb aujourd'hui. La soif d'énergie, que l'on ne peut pas ignorer, pèse comme un roc sur la table des négociations. L'UE tente de libérer ses conduites de gaz des griffes de l'ours russe, tandis que [le premier ministre russe Vladimir] Poutine travaille dans le sens contraire. L'UE veut se créer un espace énergétique d'urgence, de l'énergie éolienne néerlandaise et de l'énergie hydraulique norvégienne aux gazoducs transsahariens du Nigeria et au gaz d'Azerbaïdjan, pour pouvoir s'approvisionner elle-même dès que la Russie aura fermé les vannes. Les 27 pays européens importent 61 % de leurs besoins de Russie, et sept d'entre eux dont les Etats baltes sont complètement dépendants de Moscou. Cette situation est trop risquée. »

(14.11.2008) 

Frankfurter Rundschau - Allemagne

(HGruber/flickr)L'influence de l'UE dans le Caucase est limitée, estime le quotidien Frankfurter Rundschau : « Il n'existe aucune alternative au dialogue avec la Russie, mais sur la question du Caucase, les Européens comprendront tôt ou tard que leur influence est limitée. Les diplomates protestent en indiquant que dans les négociations sur le partenariat, les points litigieux, dont la situation dans le Caucase, seraient sans cesse abordés. Avec tout le respect dû aux fonctionnaires de Bruxelles, aux ministres et chefs de gouvernement européens : les Russes ne sont peut-être que modérément impressionnés quand les émissaires de l'UE renouvellent de manière routinière leurs critiques à l'égard de la situation dans le Caucase. L'hypothèse selon laquelle l'Europe pourrait rétablir l'intégrité territoriale de la Géorgie en faisant preuve de plus de ténacité, devrait se révéler être un vœu pieux. » 

(14.11.2008) 

Delo - Slovénie

« Il est temps que Bruxelles et Washington cessent de faire comme s'il ne s'était rien passé en août dans le Caucase », écrit le quotidien Delo. « Tôt ou tard, ils devront faire ce que la Russie a elle-même fait le 26 août, c’est-à-dire, reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. C'est probablement inévitable sur le long terme. La seule façon pour la Géorgie de reprendre le contrôle de ces deux provinces est une nouvelle guerre qu'elle doit naturellement gagner. En raison de la présence de l'armée russe, qui a prouvé en août qu'elle ne permettra pas une telle solution, cela est quasiment impossible. En normalisant cette nouvelle réalité dans les meilleurs délais, l'Occident libèrerait finalement la Géorgie de son agonie. Si la direction géorgienne se rapprochait des standards des institutions occidentales au lieu de s'occuper d'un nouveau contrôle sur les provinces, le pays ne resterait plus longtemps aux portes de l'Otan et pourrait exprimer ses réserves à Bruxelles, en tant que membre habilité de l'UE. »

(14.11.2008)

(David gareja/ www.paata.ge/ Flickr)

Berlingske Tidende - Danemark

(graciepoo/flickr)Déterminer les relations à l'égard de la Russie sera l'une des premières tâches du président américain nouvellement élu, estime le quotidien Berlingske Tidende. Et selon le journal, cela ne sera pas chose facile. « Le cours que suit la Russie est de moins en moins démocratique. Le système parlementaire a été supprimé. Il existe à peu de choses près un système à parti unique. Le parti de [Vladimir] Poutine, Russie unie, dispose des deux tiers des sièges au Parlement. (…) Dans ce contexte, il est curieux que les pays européens soient si distants les uns des autres quand il s'agit d'exercer une pression sur la Russie pour l'amener à se développer vers plus de démocratie. Certains pays européens semblent bien plus intéressés par les livraisons régulières de gaz de Russie que par la question des véritables intentions de la Russie. Cela peut poser des problèmes à Obama. Il a besoin du soutien des Européens, mais cela nécessite une Europe unie. Et une telle Europe n'existe pas en ce qui concerne les relations avec la Russie. »

(14.11.2008)