Politique

Référendum en Hongrie : Orbán rate sa sortie

Article publié le 4 octobre 2016
Article publié le 4 octobre 2016

Malgré la participation insuffisante, Orbán a qualifié le référendum sur la répartition des réfugiés de « victoire écrasante ». Si 98% des suffrages exprimés étaient défavorables à une solution européenne de quotas, seuls 44% des inscrits se sont rendus aux urnes - alors que le quorum requis était de 50%. Raté ?

Hongrie - Novi list : une propagande à la Goebbels

La paranoïa d’Orbàn envers les réfugiés semble se heurter à ses limites, juge Novi list : « Tout porte à croire que la majorité des huit millions d’électeurs hongrois ne s’est pas laissée leurrer par la propagande à la Goebbels. Car les 2 000 réfugiés que la Hongrie devrait accueillir conformément aux quotas de l’UE ne pourraient que difficilement souffler aux Hongrois les emplois convoités. Peut-être certains hongrois raisonnables se sont-ils demandé pourquoi Orbàn dépensait 40 millions d’euros pour des messages vides de sens et un référendum dénué de toute validité juridique. Avec un budget pareil, on aurait pu créer des emplois pour les réfugiés mais aussi pour tous ceux qui ont peur de perdre leur travail actuel à cause des réfugiés ». (3/10/2016)

République-tchèque - Právo : toujours un bras d'honneur à Bruxelles 

À l’issue du référendum, les deux camps revendiquent la victoire, fait remarquer Právo, qui explique pourquoi, bien que le quorum n’ait pas été atteint, le premier ministre Orbàn a tout de même de quoi être satisfait : « Orbàn voit le moment venu de modifier la Constitution et de faire un bras d’honneur à Bruxelles. L’opposition hongroise se proclame elle aussi victorieuse, relayée par Bruxelles, où l’on parle d’une merveilleuse réussite de la "résistance passive" à Orbán. (…) Même si le premier ministre n’a pas obtenu la majorité, s’il conserve le soutien des trois quarts de ceux qui ont voté non au référendum, il n’a rien à craindre des prochaines élections. De plus, sa minorité au référendum était bien plus grande que la "majorité" à laquelle les députés du Parlement européen ont été élus. Et les électeurs ont été plus nombreux à dire non aux quotas qu’ils ne l’avaient été il y a 13 ans à dire oui à l’adhésion de la Hongrie à l’UE ». (4/10/2016)

Autriche - Der Standard : Orban continue d'imprimer sa marque 

Bien que son référendum ait échoué, Orbán a apposé sa griffe caractéristique à la politique européenne en matière de réfugiés, analyse Der Standard : « Le premier ministre hongrois avait déjà été le premier à l’époque à insister avec véhémence sur la nécessité d'adopter de strictes "mesures de défense" à la frontière extérieure de l’UE avec la Serbie. Le premier à annoncer sans plus d’ambages aux autres chefs de gouvernements, lors du sommet européen de juin 2015, son intention d’ériger une clôture élevée pour arrêter les réfugiés sur la route des Balkans. (…) Le discours de Viktor Orbàn, selon lequel il importe avant tout de se défendre contre les étrangers et non pas des les intégrer, est une graine qui a germé. Il a imprimé sa marque. Le référendum est pour lui une défaite indiscutable en politique intérieure, mais qu’on ne s’y méprenne pas : pour l'heure, la politique de l’UE est pleinement axée sur le refoulement des migrants, et non pas sur leur accueil – au grand dam des réfugiés ». (4/10/2016)

Hongrie - Mandiner : la haine assaille la Hongrie

La haine attisée par le gouvernement hongrois perdurera sûrement après le référendum, redoute Mandiner : « Un climat de fin du monde s'est effectivement installé dans de vastes pans de la population. De nombreuses personnes croyaient réellement que le sort du pays, voire même de l'Europe, dépendait du référendum. (...) Les gens ont été aiguillonnés à l'extrême par le gouvernement, et cela ne peut déboucher sur une issue positive. (...) Malheureusement, force est de constater que la campagne de dénigrement des "migrants" n'est pas l'apogée définitive de ce phénomène. Depuis de nombreuses années déjà, la xénophobie bat son plein au sein de la société dominante hongroise, sans parler de la haine immémoriale vouée aux Roms. (...) Il est exclu que la haine accumulée ces dernières semaines ne se dissipe d'elle-même après le référendum ». (2/10/2016)

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Cet article est publié en partenariat avec euro|topics