Politique

«  Aucune mesure concrète ne peut être attendue du Sommet  »

Article publié le 6 septembre 2006
Article publié le 6 septembre 2006
Willem van der Geest, Président de l’Institut européen pour les études asiatiques (IEEA), basé à Bruxelles, nous donne les clés pour comprendre le prochain Sommet de l’ASEM et évoque la nouvelle saison qui s’ouvre pour les relations EU Chine.

En 2000, vous avez assisté à une conférence internationale à propos du futur du dialogue Europe-Asie (ASEM) : comment percevez-vous son actuelle évolution?

Je dois dire que j’étais et que je reste optimiste à propos de son futur, notamment parce que l’ASEM permet aux nations impliquées de discuter de thèmes importants. Mais je souhaite clarifier certaines choses : aucune mesure concrète ne doit être attendue de cette réunion. L’ASEM ne peut, à proprement parler, être qualifiée d’association et doit être comprise comme une réunion volontaire entre l’Union européenne et les Etats asiatiques. Le principe de l’ASEM reste le dialogue.

Le Sommet d’Helsinki n’aurait donc aucune attente spécifique ? Les négociations commerciales sont-elles gelées jusqu’aux prochaines élections en France et l’arrivée d’un nouveau Président allemand et français ?

Les élections présidentielles dans l’Hexagone sont indéniablement importantes mais, comme je l’ai déjà dit, aucune décision définitive ne va être prise à Helsinki : il s’agit de débattre et de proposer. Les discussions prévues à propos des développements et des politiques commerciales ne seront pas le thème principal.

Certains sont convaincus que l’ASEAN devrait être plus institutionnalisé pour renforcer les voix des nations d’Asie du Sud-est et créer un équilibre des pouvoirs plus juste au sein de l’ASEM ?

Personnellement je ne pense pas que cette proposition est souhaitable : si les 38 Etats parties au processus ont certainement besoin d’être mieux coordonnées, l’équilibre des pouvoirs au sein de l’ASEM n’est pas matière à discussions. Chaque membre a un poids identique et la participation est équitable. On ne peut pas dire que des pays comme la Chine or le Japon mènent le jeu. Cette égalité est la clé du succès et de la bonne réputation de l’ASEM.

Concernant les relations EU-Chine, Bruxelles applique aujourd’hui une nouvelle stratégie pour renforcer ses relations économiques et l’impact des exportations chinoises vers la communauté européenne est vu avec un grand scepticisme

Le droit de négocier les accords commerciaux doit être clairement attribué à la Commission européenne. Dans le cas contraire, l’Union ne sera jamais capable de se mettre d’accord et les priorités des gouvernements nationaux continueront à dominer.

Est-ce que l’ASEM encourage aussi des initiatives plus culturelles et une meilleure compréhension entre l’Union européenne et la Chine ?

Oui certainement. Mais il reste de nombreuses choses à faire. Le projet Erasmus entre la Chine et l’Europe est fondamental : les étudiants chinois pourront être en mesure de découvrir le mode de vie du continent, tout comme les étudiants européens pourront appréhender la société chinoise. Malheureusement, cette initiative souffre de nombreuses carences. Nous avons besoins de plus de bourses d’études, et donc des fonds suffisants. En outre, le gouvernement chinois veut avoir un contrôle total sur ces programmes d’échange. Ces interférences doivent être annulées. Il faut convaincre les participants au projet que nous devons mener le projet ensemble avec plus de liberté et de marge de manoeuvre.