Politique

Martin Schulz : le « Dieu chancelier » allemand

Article publié le 6 février 2017
Article publié le 6 février 2017

L’ascension à la chancellerie de l’actuel président du SPD allemand ne fait que commencer et déjà, elle semble inarrêtable. Les sondages le donnent même gagnant face à Angela Merkel. Martin Schulz sera-t-il  le premier politicien à confirmer les enquêtes d'opinion ?

C'est d'abord une affaire de chiffres. Une semaine après la nomination de Martin Schulz à la tête du SPD (Parti social-démocrate allemand, ndlr), les sociaux-démocrates allemands gagnent 6 à 7 points dans les intentions de votes, ce qui équivaut à un score établie entre 27% et 29%. Selon une autre enquête de la DeutschlandTrend, dans le cas où l’élection du chancelier serait directe, les électeurs allemands préféreraient Schulz (50 %) loin devant Angela Merkel (34%). Pour couronner le tout, le SPD a enregistré une augmentation de presque plus de 2 000 inscrits depuis la nomination de l'ancien président du Parlement européen. Et ce, seulement en quelques jours. L’euphorie commence à gagner les sociaux-démocrates allemands, privés de victoire aux élections fédérales depuis 2002. Lors de son premier discours en tant que candidat du parti à la Willy Brandt Haus de Berlin, Schulz a été très clair sur ses ambitions et celles de son parti : « Le SPD participe aux élections de 2017 dans l’optique de devenir la première force politique du pays. Et moi je concours pour devenir chancelier fédéral ».

Mais au-delà des chiffres, quelles sont ses chances réelles d’atteindre cet objectif ? Il est bien évidemment trop tôt pour donner une réponse à cette question, mais à l’heure actuelle, malgré l’impressionnant enthousiasme qu'il suscite, Schulz n’a pas encore les voix pour gouverner. Politiquement parlant, Schulz a trois possibilités pour devenir chancelier : faire une coalition dite « rouge-rouge-vert » (R2G) avec les Verts (Die Grünen) et la gauche radicale (Die Linke) ou une coalition dite « feu tricolore » (Ampelkoalition) avec les Verts et les  libéraux (FDP) ou encore une grande coalition, en tant que partenaire de majorité, avec la grosse cylindrée CDU/CSU immatriculée Merkel. Toutefois, en l’état actuel des choses, aucune de ces combinaisons n'a de chance de l'emporter. Même si elle est affaiblie, Angela Merkel dispose de plusieurs alliances possibles qui remporteraient les élections dans tous les scénarios possibles. 

Le résultat des élections fédérales dépendra beaucoup des sujets qui marqueront la campagne électorale. Schulz entend fonder son discours sur le thème de la justice sociale et de la lutte contre l'AfD (Alternative pour l'Allemagne est un parti politique eurosceptique allemand, ndlr) qu'il qualifie de « honte pour l'Allemagne ». Mais à l’heure actuelle personne ne sait si les autres partis le suivront sur ces sujets ou s’ils mettront au contraire l’accent sur d’autres questions plus délicates pour le SPD comme la sécurité ou la crise des réfugiés. Quoi qu’il en soit, les élections régionales dans la Sarre, en Rhénanie Septentrionale-Westphalie et à Schleswig-Holstein au printemps prochain seront un premier test pour mesurer la force politique de Schulz. Un succès retentissant du SPD dans ces trois régions pourrait en effet être un moteur en vue des élections fédérales du 24 septembre 2017.