Politique

Marc Guerrero: « Les stages en entreprises sont aussi importants que les études »

Article publié le 9 février 2010
Article publié le 9 février 2010
Le chômage des jeunes est Le défi majeur auquel doit faire face l'Union européenne et en Espagne, 43 % des moins de 26 ans expérimentent cette précarité… Nous avons mis ce problème sur la table avec Marc Guerrero, le plus jeune dirigeant de l’ELDR, le parti des Libéraux européens.

Ce Catalan, membre de la direction de « Convergència Democràtica de Catalunya » (CDC) a obtenu, au mois de novembre l'an passé, la vice-présidence de l'ELDR, le Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs. A 37 ans, en plus d'être le plus jeune dirigeant de ce rassemblement, il est le premier catalan au sein d'un parti européen à occuper un poste de cette envergure. Parmi ses nouvelles missions, on trouve celle de représenter et coordonner les 56 partis européens qui forment l'ELDR (en Espagne, en plus du CDC, on compte parmi ses partis affiliés « l'Unió Mallorquina ») et de « développer en Europe le monde libéral ». Et ceci, au tout début d'une nouvelle étape pour l'Union européenne, « étape pour laquelle il est nécessaire de coordonner les actions des différents acteurs qui travaillent en vue de la construction de l'Europe, de façon à ce que celle-ci devienne un acteur de poids sur la scène mondiale. » Rencontre.

Quel est, d'après vous, le défi majeur de l'Union européenne en ce qui concerne les jeunes ?

« Il faut faire en sorte que le système éducatif soit de plus en plus lié à l'entreprise privée »

Nous avons un grave problème : celui de la précarité et du manque d'activité. Et c'est d'autant plus vrai qu'en Espagne le taux de chômage des jeunes est le plus élevé d'Europe. La jeunesse est le futur de l'Europe et il faut remédier à ce problème. Par le biais de quels éléments ? Deux principalement. Le premier, c’est l’éducation. Il faut améliorer le système éducatif, faire en sorte qu'il soit de plus en plus lié à l'entreprise privée, et renforcer l'enseignement des langues. Le deuxième élément consiste à flexibiliser la mobilité professionnelle à l'intérieur de l'Europe. Et pour ce faire, il est nécessaire de construire une identité européenne.

Vous parlez de renforcer la relation avec l'entreprise privée, mais comment éviter que cette relation ne dérivent vers les éternels stages qui finissent par être un moyen d'embauche peu coûteux ?

(Photo: ELDR)Il est nécessaire que l’école communique et échange avec les entreprises qui créent les emplois, cela ne fait aucun doute. Plus ce lien sera fort, plus la connaissance du secteur privé sera élevée et plus on sera proche de la réalité et des besoins qu'il faut mettre en œuvre en matière d'emploi. D'un autre côté, la priorité en termes d'insertion des jeunes n'est pas la rémunération ; l'objectif est plutôt de permettre aux jeunes d'avoir une première approche du monde professionnel. C'est autre chose que de s'en servir pour créer des postes mal rémunérés, et c'est cela que nous devons éviter. Mais pour dire vrai, s'il y a une chose aussi importante que les études, c'est bien les stages en entreprises.

En ce qui concerne les stages, l'UE peut-elle faire quelque chose pour régulariser la situation ?

Bien évidemment, une régularisation s'impose. De même que nous avons avancé dans de nombreux sujets au niveau européen, il est nécessaire qu'il y ait un droit lié au poste occupé et un salaire décent de façon à éviter l'exploitation.

D'après vous, quel rôle peut jouer l'Espagne pendant la durée des son mandat à la Présidence européenne ?

Je crois que pour l'Europe, ce n'est ni bon ni juste que la présidence soit occupée par une des économies les plus faibles d'Europe, au moment où la priorité est justement de sortir de la crise. Le discours prononcé par Zapatero a provoqué de nombreuses incertitudes : comment peut-il apporter des solutions aux problèmes européens alors qu'il est incapable de le faire pour son propre pays ? Mais il y a quand même quelque chose de très positif : la triple présidence qui élève à un niveau supérieur l'UE. Le monde a besoin de l'Europe et de ses valeurs qui sont la justice, la démocratie ; c'est l'endroit du monde où les richesses sont les mieux réparties.

Et comment obtient-on des gens une meilleur confiance en l'Europe ?

Nous avons besoin de modèles plus transparents, d’une Europe mieux expliquée, qu'elle soit transparente et démocratique ; ce que nous proposons c'est que le président soit choisi par les citoyens. Il y a toujours eu cette dynamique, dans tous les pays, qui consiste à considérer les élections européennes comme des régionales. Les partis européens ont encore beaucoup de choses à dire pour que cela puisse changer. Le pari serait que, lors des élections, on vote pour des partis et des leaders européens. Une chose que l'on peut regretter, lorsque fut choisi le nouveau président, le belge Herman Van Rompuy, c'est son discours trop bureaucratique, il a remercié la confiance qu'on lui témoignait et a fait remarquer que personne ne s'attendait à ce qu'il occupe le poste... Nous avons besoin de discours plus puissants qui réveillent l'enthousiasme et pour ce faire, il faut creuser plus en Europe, se rapprocher des citoyens.