Politique

Le polonais Jerzy Buzek élu Président du Parlement : un symbole pour l'Europe

Article publié le 15 juillet 2009
Article publié le 15 juillet 2009
Lors de sa séance inaugurale, le nouveau Parlement européen a élu à une large majorité l'ancien Premier ministre polonais Jerzy Buzek comme président. Buzek est le premier représentant d'Europe de l'Est à occuper un poste élevé au sein de l'UE.

Luxemburger Wort - Luxembourg

La ou le président du Parlement européen - de l'unique représentation populaire multinationale législative au monde - devrait être plus qu'un simple technocrate, écrit le quotidien Luxemburger Wort : "[Jerzy] Buzek s'est investi en tant que militant de Solidarnosc pour le dépassement pacifique du totalitarisme communiste et pour la liberté et les droits de l'homme. Parallèlement il a démontré au cours des cinq dernières années qu'il est doté d'instinct politique et est capable de faire des compromis. Buzek ne parvient cependant pas à s'extraire de l'ombre de [Bronisław] Geremek : le Polonais juif francophile, décédé dans un accident de la circulation le 13 juillet 2008, et qui avait survécu à l'horreur de la Deuxième Guerre mondiale, puis subi la terreur rouge de Staline avant de travailler avec succès à la chute du rideau de fer, n'est que trop l'incarnation de ce que l'idée européenne a de meilleur. Buzek en tant que pragmatique pondéré est justement de ce fait un bon choix."

(15.07.2009)

El País - Espagne

©EPPour le quotidien progressiste de gauche El País, le nouveau président du Parlement européen Jerzy Buzek a à faire face à des tâches difficiles : "Ce cavalier [Jerzy Buzek] n'est pas une Ferrari de la politique mais pas non plus un Biscúter [petite voiture espagnole]. Peut-être une Seat âgée. Il affirme vouloir raviver l'enthousiasme des citoyens pour les affaires européennes. C'est une tâche difficile si l'on se souvient que le taux de participation aux élections européennes ne cesse de décroître d'une élection à l'autre. Il dit qu'il faut écouter les eurosceptiques qui sont si nombreux parmi les nouveaux membres. Et il est toujours bon d'écouter tant qu'on n'est pas récupéré par ces derniers." (15.07.2009)

Savon Sanomat - Finlande

Pour le quotidien Savon Sanomat, l'élection de Jerzy Buzek à la présidence du Parlement européen est historique. "Depuis la chute du mur de Berlin et la libération des Etats de l'Est de la dépendance soviétique, vingt ans se sont écoulés et aujourd'hui, un Polonais endosse à présent le rôle de pilote de l'Europe occidentale. Les nouveaux Etats membres qui faisaient autrefois partie intégrante du bloc de l'Est sont, sur le plan économique, nettement en retard par rapport aux Etats de l'Ouest. La cohésion interne de l'UE a été largement remise en cause ces dernières années. Mais les élections de mardi ont montré que l'Ouest et l'Est se sont déjà retrouvés sur le plan des idées. ... Le soutien des anciens pays membres obtenu par Jerzy Buzek à l'occasion du scrutin met en évidence le fait que le passé est révolu. En Allemagne non plus, le résultat des élections n'est pratiquement pas ressenti comme une perte d'autorité car c'est justement l'Allemagne qui s'était engagée pour l'élargissement de l'Union vers l'Est."

(15.07.2009)

Ouest France - France

(©Ewa Dryjanska/ Wikimedia)L'élection de Jerzy Buzek comme président du Parlement européen est symbolique, écrit le quotidien Ouest-France. "Un Polonais à la tête des députés européens. Dans la torpeur de l'été, la nouvelle pourrait passer inaperçue. Et pourtant, c'est une page symbolique que le Parlement européen vient d'écrire, hier, en élisant à sa présidence Jerzy Buzek à une très large majorité. ... Car il y a tout juste vingt ans, … la Pologne anticipait de quelques mois la chute du Mur de Berlin en tenant ses premières élections libres. ... Nul n'aurait songé, alors, voir un Polonais occuper si rapidement l'un des trois grands fauteuils de l'Europe. Depuis hier, c'est chose faite. Jerzy Buzek est le premier homme politique des dix nouveaux membres de l'Union à se voir confier une telle responsabilité. Il aime rappeler que la véritable intégration prend plus de temps que l'élargissement. Comme si un rideau de fer invisible continuait de séparer l'Europe. Sans surestimer le poids de sa fonction, il est permis de penser que son élection devrait permettre de banaliser la contribution des pays d'Europe centrale et orientale au projet européen."

(15.07.2009)

Rzeczpospolita - Pologne

Le quotidien conservateur Rzeczpospolita considère d'un œil critique l'élection du Polonais Jerzy Buzek à la présidence du Parlement européen : "L'élection d'un Polonais au poste de président du Parlement européen devrait démontrer que l'Europe est désormais encore plus unie et que la division entre l'Ouest et l'Est a pris fin. Il suffit toutefois de se pencher sur la forme et la symbolique ... que le discours de Jerzy Buzek a revêtues à Strasbourg pour constater qu'il n'y a pas d'Europe unie et qu'il n'y en aura jamais. L'ex-premier ministre de la RP [République de Pologne] a rappelé dans une même inspiration [l'ancien pape] Jean Paul II et Simone Veil qui fut présidente du Parlement européen entre 1979 et 1982. Ces personnalités ont toutes deux rendu de grands services au Vieux Continent : ici le pape ... et là une femme dont l'objectif principal fut la légalisation de l'avortement en France. Buzek a remis à ses prédécesseurs une petite statue de Sainte Barbara tout en ... faisant simultanément référence à la révolution française qui a entretenu un rapport pour le moins ambivalent vis-à-vis de la religion."

(15.07.2009)