Politique

Le discours sur l’état de l’Union de Barroso : Faiblesses de l’exercice imposé !

Article publié le 8 septembre 2010
Article publié le 8 septembre 2010
Pour la première fois le 7 septembre 2010, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a fait un discours sur l’état de l’Union. Ce discours devant le Parlement européen de Strasbourg qui était très attendu et qui soulevait de grands espoirs pour un renforcement de la gouvernance de l’UE, n’a pas convaincu la presse.

Financial Times Deutschland - Allemagne : Barroso s’adresse aux députés, pas aux citoyens 

Une critique assez violente du discours de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, sur l’état de l’Union, vient du Financial Times Deutschland, la revue économique libérale, qui le tient pour éloigné des préoccupations des citoyens, inconséquent et faible : « Dans son discours, Barroso souligne bien entendu, aux applaudissements de tous, la nécessité du respect des droits de l’homme mais il ne mentionne même pas les expulsions massives de Roms ordonnées par N. Sarkozy. [...] Il n’a pas non plus le talent de s’adresser directement aux citoyens. Le discours de Barroso s’adresse aux députés, pas aux citoyens. Il n’a parlé qu’à eux et ce faisant, a fortement attisé l’idée préconçue que l’Europe ne serait intéressée qu’à toujours plus de puissance et d’argent. [...] Il aurait aussi dû proposer de faire des économies et exposer comment utiliser au mieux l’argent de la communauté, que ce soit pour les milliards d’aides à la politique agricole commune, les aides structurelles ou les quelque 35 agences européennes disséminées sur le territoire de l’Union. Une occasion de le faire se présente à lui à l’automne, lorsque la Commission présentera son projet de budget pour l’année à venir. On aurait là un discours sur l’état de l’Union méritant véritablement son nom. »

(Article du 08.09.2010)

Hospodářské Noviny - République tchèque : Barroso menace de pénaliser l’absentéisme

De l’avis du quotidien économique Hospodářské Noviny, la performance du président de la Commission européenne José Manuel Barroso devant le Parlement européen qui était visiblement censée évoquer les discours du président des Etats-Unis sur l’état de la nation a complètement raté : « Barroso cherchait à assurer que le Parlement serait au complet sous peine d’amendes pour absentéisme. Cette menace a fait long feu sous la forte pression des présidents de groupes. [...] Barroso s’était promis qu’ils l’aideraient dans sa compétition sourde avec d’autres pour devenir pour ainsi dire le « visage de l’Europe ». C’est raté. Ni le « président européen » Herman Van Rompuy ni la « ministre des affaires étrangères européenne » Catherine Ashton ne se trouvaient à Strasbourg. Et la façon dont Obama voit l’Union européenne est tout-à-fait illustrée par le fait que ce sera Barroso ou Van Rompuy, s’ils veulent rencontrer le président des Etats-Unis, qui devront faire le voyage de Lisbonne en novembre pour le sommet de l’OTAN. »

(Article du 08.09.2010)

Delo - Slovénie : « A l’avenir les députés ne pourront plus seulement critiquer »

Les parlementaires européens ont blâmé le président de la Commission José Manuel Barroso entre autres pour son silence concernant les expulsions de Roms par la France. Le quotidien Delo se joint à la critique mais fait aussi porter la responsabilité sur les députés. « Avec le traité de Lisbonne, le Parlement européen a vu son rôle renforcé dans les mécanismes de décision : la procédure de codécision le place à égalité avec le Conseil pour près de 90 % des actes législatifs. A l’avenir il ne s’agira donc plus pour les parlementaires de seulement critiquer même si leurs critiques sont pleinement justifiées. Ils devront également prendre leur part de responsabilité dans la situation existante dans l’Union. C’est la raison pour laquelle le bilan sur l’état de l’Union que le président de la Commission de l’Union devra présenter dans un an dépendra aussi beaucoup du rôle et de l’action des députés au Parlement européen dans les processus de décision. »

(Article du 08.09.2010)

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Photo : Barroso ©EP/flickr; Roma ©Philippe Leroyer/flickr