Politique

L’avenir de l’énergie en Europe

Article publié le 4 novembre 2008
Article publié le 4 novembre 2008
Le premier Parlement du « savoir européen » (EWP) s’est tenu du 8 au 10 octobre dernier à Aix-la-Chapelle. Récits des débats sur la politique européenne en matière de renouvellement d’énergie dans les années à venir.

En 2050, la lumière cessera-t-elle de rayonner ? Cette année, cette question si cruciale semble être devenue récurrente. Après s’être concertés sur les problèmes que pose l’avenir énergétique de l’Europe, les parlementaires de 14 pays de l’Union auxquels s’étaient joints une cinquantaine d’élèves âgés de 15 à 18 ans ainsi que 70 étudiants, citoyens et experts se sont séparés favorables dans leur grande majorité à ce qu’il est convenu d’appeler désormais la déclaration d’Aix-la-Chapelle.

Dans le rapport final de ces entretiens qui devrait être remis à la Commission européenne dans les prochaines semaines, l’EWP recommande à l’UE d’accomplir de sérieux efforts dans le sens d’un développement des énergies durables. Et pour cela, en mettant particulièrement l’accent sur l’amélioration des études et de la formation. Autrement dit, le Parlement souhaite intégrer à long terme la jeune génération dans un processus d’arbitrage afin qu’elle puisse être consultée sur les mesures à adopter face aux choix que nous devrons prendre à l’avenir.

(politikfabrik/flickr)

De nouvelles pistes pour un dialogue européen

Bien que l’anglais ne soit pas la langue de la majorité des participants, son usage pose parfois un problème dans les débats. « Il est souvent très difficile de s’exprimer ou de suivre pleinement ce qui disent les autres. Malgré tout, nous avons toujours réussi à nous faire comprendre », précise Patrick Heinen, un élève français.

Les débats du Parlement ont montré que la jeune génération européenne n’avait pas de difficultés majeures à échanger des idées politiques. D’autre part, la conférence était accessible online. Les organisateurs, en s’ouvrant ainsi aux nouveaux médias ont souhaité un élargissement de l’audience dans un souci de plus grande transparence et d’interactivité. Ce parlement devenu virtuel a donc permis aux participants de pouvoir discuter de thèmes choisis préalablement. En outre, grâce au flux en direct, il aura été possible à tout moment d’assister aux séances plénières de cette session. De plus, les travaux de l’EWP peuvent être consultés sur un blog et sur des vidéos d’informations.

« Nous avons voulu montrer qu’on peut aujourd’hui avec les médias contemporains innover en matière de participation en créant un vrai dialogue démocratique. Cette retransmission fut un des aspects majeurs de l’expérience », commente Winfried Brömmel, coordinateur de l’EWP.

Trop peu d’experts, cependant !

(politikfabrik/flickr)En conséquence, par l’intermédiaire des nouveaux médias techniques et par une équipe de caméras, de blogueurs, de photographes et d’informaticiens professionnels, l’EWP a pu offrir à tous les participants une documentation abondante. Cependant, la question qui revient souvent est de savoir si cette grande débauche de moyens techniques dans le cadre d’un forum citoyen était néanmoins raisonnable. A première vue, le nombre d’intervenants surgis du flux en direct paraissait bien modeste. A côté de cette mise en scène médiatique qui a été l’élément fondamental, le dialogue avec des experts confirmés et la teneur scientifique des débats a un peu fait pâle figure.

« Dans ce type d’interventions entre profanes et spécialistes, il est nécessaire de fonder une méthodologie afin de réussir à orchestrer durablement les débats et de résoudre les problèmes qui y sont abordés », commente à son tour le professeur Ernst Schmachtenberg, protecteur de l’EWP et recteur de l’université d’Aix-la-Chapelle. 

Et, en lui emboîtant le pas, Brömmel ajoute : « Il est difficile de fidéliser des experts à notre projet. Bien souvent les chercheurs préfèrent consacrer toute leur énergie à leur carrière. Et, cette carence de spécialistes nous conduit souvent à devoir écourter nos discussions. » « Les faits concrets nous ont font défaut », observe Matej Suchy, une élève tchèque, d’un ton critique. 

L’expérience doit être améliorée

Puisque dans les débats politiques européens de ce type, les experts font trop souvent cruellement défaut, l’EWP devra donc à l’avenir prendre des mesures s’il souhaite atteindre le but espéré : débattre des questions énergétiques et apporter des solutions. La déclaration d’Aix-la-Chapelle veut créer un engagement spécifique et un objectif pour le développement de nouvelles énergies sur notre continent en se plaçant dans la continuité d’une stratégie poursuivie depuis longtemps par l’Union européenne. Pour rendre plus pertinentes ses propositions et qu’elles débouchent sur des mesures juridiques et législatives, il serait donc plus profitable d’accroître le nombre d’experts invités plutôt que de dépenser de l’argent à des fins expérimentales.

Le but idéal revendiqué par l’EWP est d’organiser à long terme un véritable parlement citoyen. Par conséquent, pour atteindre cet objectif, l’EWP se doit en l’améliorant de resserrer le lien entre la ville, l’Université, les citoyens et les chercheurs. Ces forums de discussions offrant aux jeunes une meilleure information sur les questions de politique énergétique, leur permettent en les discutant de mieux se rendre compte de la complexité du problème. Eva Leitner, une étudiante allemande, l’admet : « En tout cas, on ne peut pas affirmer qu’il n’y a qu’une seule réponse aux problèmes posés. »