Politique

La Grèce au centre de l'attention européenne

Article publié le 14 janvier 2015
Article publié le 14 janvier 2015

Dans deux semaines, la trajectoire suivie par la Grèce pourrait bien changer radicalement. Alors que le parti de gauche anti-austérité Syriza promet une restructuration de la dette grecque, le futur de l'Europe pourrait bien se jouer le 25 janvier prochain.

Après l'échec du troisième tour des élections présidentielles, la Grèce est contrainte d'organiser des élections parlementaires anticipées, qui se tiendront le 25 janvier prochain. Les sondages d'opinion prévoient la victoire du parti de gauche Syriza, connu pour son radicalisme et son idéologie anti-austérité. Aléxis Tsipras, le président de Syriza, a d'ores et déjà manifesté son intention d'effacer une partie de la dette grecque, ainsi que d'annuler les conditions du sauvetage financier imposé par l'Union européenne et le Fond Monétaire International. « Avec le soutien de nos concitoyens, le sauvetage financier ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir », a déclaré Tsipras. Toutefois, le futur demeure incertain, car le parti d'Antonis Samaras, Nouvelle Démocratie, s'impose peu à peu. Cette agitation politique en Grèce inquiète les marchés financiers, mais Aléxis Tsipras a promis de maintenir la Grèce dans l'euro et de renégocier la dette, plutôt que d'ignorer ce problème.

Selon les derniers sondages, Syriza serait en tête des élections, suivi du parti de centre-droit Nouvelle Démocratie. Le parti communiste KKE occupe la troisième place, et le parti de centre gauche To Potami, la quatrième. Le parti d'extrême droite Aube dorée arrive devant PASOK, parti socialiste membre de la coalition de centre-droit. La grande nouvelle (c'est une récente tendance dans les pays touchés par la crise) a été la création d'un nouveau parti politique, le Mouvement des Démocrates Socialistes, par l'ancien premier ministre George Papandreou. Ce nouveau bloc ne doit pas être sous-estimé, étant donné qu'il se pourrait qu'il vole des voix à la fois à PASOK et à Syriza, qui, lui, inspire une certaine crainte. Toutefois, des coalitions gouvernementales pourraient encore se former, et nous ne pouvons que spéculer en attendant de voir les résultats des élections.

L'Europe appréhende clairement l'issue du vote, et on assiste à l'émergence de différentes prises de positions vis-à-vis de la Grèce. La gauche européenne soutient la Grèce et l'abandon des mesures d'austérité. Soumettre les pays à des entités autocratiques, ce n'est pas le scénario souhaité par les gauchistes, et encore moins par les autres pays attaqué dans leur souveraineté tels que le Portugal, l'Espagne ou Chypre. D'un côté, si Syriza l'emporte, cela pourrait marquer le début d'une renégociation économique et financière susceptible de relancer l'économie de la Grèce. De l'autre, la crainte que la dette augmente et  se cumule suscite de l'appréhension : que se passera-t-il si la Grèce ne paie pas ? Les autres pays européens devront-ils en assumer les responsabilités ?

Souvenons-nous des Accords de Londres sur les dettes de 1953, un traité politique qui permettait à l'Allemagne de reprendre place au sein des marchés après les conséquences catastrophiques de la Seconde Guerre Mondiale. La Grèce avait participé à la restructuration de la dette allemande, qui avait permis de sérieusement soulager l'Allemagne, et, à terme, de la faire prospérer à nouveau. C'est l'idée que propose Aléxis Tsipras pour l'avenir de la Grèce et de l'Europe. Si l'Histoire est cyclique, pourquoi ne pas faire se répéter les bonnes actions, plutôt que les crises et les catastrophes ?