Politique

La Finlande et L'Ue : alors, heureux ?

Article publié le 15 novembre 2013
Article publié le 15 novembre 2013

La Finlande est connue pour son système éducatif hors du commun, mais hélas aussi pour l'arrivée des « Vrais Finlandais » aux élections législatives de 2011. Leur credo : contre l'Union, l'euro et les politiques d'immigration. Comment les jeunes finnois se positionnent face à cette nouvelle montée des extrêmes ?

Sofia Dimitriadis, 23 ans, employée dans une entreprise familiale

« L'Europe, c'est bien un truc de Français et d'Allemands : de plus en plus et de mieux en mieux travailler ensemble et partager les résultats ensemble. Les autres pays, comme la Finlande, n'obtiennent aucun fruit de cette coopération. Ils récoltent moins que ce qu'ils sèment, et la Finlande donne plus de ce qu'elle reçoit. »

Emma Kakko, 23 ans , jardinière

« Je suis neutre sur le sujet, je pense souvent au coût de la vie par exemple, qui ne cesse d'augmenter. » 

Anton Thompson (à gauche), 21 ans, étudiant

« L'Europe est une bonne chose. Les vieilles personnes souhaiteraient le retour du mark finlandais, et abandonner l'euro. Ils trouvent qu'il y a trop d'étrangers dans notre pays – je pense plutôt le contraire. Nous devrions accueillir plus de réfugiés, et nous lier davantage au reste du monde. Notre pays est tellement situé au Nord que nous nous sentons éloignés. »

Max Meds (à droite), 24 ans, étudiant

« Nous avons toujours été un pays "entre deux" : entre deux grandes nations fortes, la Suède et la Russie. Nous sommes dépendants des autres pays depuis toujours, avec qui nous sommes historiquement liés, comme avec les Russes. Je suis convaincue que la Finlande sera de plus en plus au centre de l'UE. L'Europe est vue comme un grand pays, et nous en faisons partie. » 

Lotta-Liina Salonen, 32 ans, photojournaliste

« Avant de considérer l'Union européenne comme un problème, on ferait mieux de balayer d'abord devant notre porte. Beaucoup d'étudiants ne trouvent aucun boulot après leur diplôme, et ce, dans un pays connu pour son système éducatif. Pourquoi avoir un système si réputé, si c'est pour en laisser au bord de la route ? »

Heikki Raisanen, 32, ans, travaille dans la communication

« Je n'ai pas d'avis arrêté. L'euro est une bonne chose en tant que monnaie forte par rapport au dollar. C'est un parapluie commun sous lequel tout le monde peut s'abriter, y compris les immigrés. »

Udochi Okoro, 33 ans, travailleur, installé depuis 2011 en Finlande

« Les Finlandais sont des gens très simples et fins. Ils sont prudents dans ce qu'ils font. Ils essayent de protéger leur pays et ne veulent pas de mauvaise réputation. D'où leur scepticisme face à l'Union européenne. »  

Tomi Alatalo, 32 ans, comédien

« Pendant que le monde entier se coince dans la mondialisation, c'est l'inverse qui se produit : la planète devient de plus en plus petite. On ne doit pas se cacher derrière les murs nationaux seulement parce tout va bien. En ce moment, on se dispute beaucoup autour de l'argent. La cause n'est pas la domination de certaines puissances, mais la conséquence du système capitaliste que nous avons nous-même développé. En clair : je crois que l'Europe est une bonne chose, si nous jouons collectif pour la maintenir ouverte au monde. »

Monica Ojavuo, 23 ans, barmaid

« L'Union européenne est une bonne chose pour la Finlande. La coalition verte se montre favorable à l'idée européenne, alors que les Vrais Finlandais est d’une tendance europhobe. Je me sens plus proche idéologiquement des Verts. »

Cet article fait partie de la série de reportages “EUtopia on the ground”, projet de cafébabel soutenu par la Commission Européenne, en collaboration avec le Ministère des Affaires Etrangères français, la Fondation Hippocrène et la Fondation Charles Léopold Mayer.