Politique

Kaczyński, Cameron et Klaus toujours contre le traité de Lisbonne

Article publié le 7 octobre 2009
Article publié le 7 octobre 2009
Le Polonais eurosceptique Lech Kaczyński veut ratifier le traité de réforme de l'UE dans les prochains jours, mais c’est David Cameron, le leader des conservateurs britanniques, qui promet désormais un nouveau référendum s’il est élu premier ministre en 2010… Le président tchèque Václav Klaus refuse toujours de signer le document.

The Irish Times - Irlande

Le quotidien progressiste The Irish Times écrit à propos du débat des conservateurs britanniques sur le rôle du Royaume-Uni dans l'UE : « L'antipathie qui s'est manifestée à l'encontre de tout ce qui pouvait être européen, cette semaine, à l'occasion du congrès du Parti conservateur à Manchester, ne correspond pas seulement à l'habituel phénomène d'une base extrémiste voulant agiter un groupe parlementaire prudent. Aussi triste que cela puisse être, les délégués sont probablement totalement en accord sur cette question avec l'humeur eurosceptique de l'opinion publique britannique et de leurs députés. (…) Si les Tories font de cette question [de la politique européenne] le thème principal de leur campagne électorale, cela pourrait toutefois délivrer le message qu'ils ne partagent pas les mêmes priorités que leur électorat, quelles que soient leurs valeurs. Et que par conséquent, comme tentera de le montrer le Labour, ils constituent encore le parti idéologique non-réformé qu'ils ont toujours été, et non le parti pragmatique, moderne, centriste des Nouveaux Tories que le chef du parti David Cameron présente si volontiers. »

(07.10.2009)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

(http://www.flickr.com/photos/alaninbelfast/)A l'occasion du congrès du Parti conservateur à Manchester, David Cameron a de nouveau promis un référendum sur le traité de Lisbonne, dans le cas où il deviendrait premier ministre suite à une éventuelle victoire électorale des Tories au printemps (et si le traité n’est pas encore entré en vigueur d'ici là). Horst Bacia fait le commentaire suivant dans le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Cameron ne peut que secrètement espérer qu'il n'ait pas à tenir sa promesse. Si la Grande-Bretagne venait à torpiller le traité qu'elle a déjà ratifié, ce serait alors une offense faite aux autres Etats membres ; et Cameron n'aurait alors certainement pas des débuts faciles en tant que premier ministre dans le cercle des autres chefs d'Etat et de gouvernement. Peut-être que Cameron préférera alors offenser les opposants à l'UE dans ses propres rangs. Pour éviter d'être confronté à ce choix, tout dépend paradoxalement du président tchèque [Václav] Klaus. Si celui-ci, opposant résolu au traité, devait finalement le signer plus tôt qu'il ne le souhaiterait, sous la pression des circonstances, et que le traité entrait en vigueur dès cette année, alors Cameron serait tiré d'affaire. »

(07.10.2009)

Blog Hospodářské Noviny - République tchèque

Jan Macháček écrit dans le blog du journal économique Hospodářské Noviny que le blocage exercé par le président Václav Klaus contre le traité de Lisbonne nuit à la réputation de la République tchèque : « Le problème, c'est que les Tchèques ne sont pas en mesure de définir clairement leur intérêts nationaux. S'ils se souciaient d'une meilleure formation, de meilleures connaissances scientifiques et d'une meilleure culture, d'un meilleur environnement et de moins de corruption, il serait alors difficile de dire en quoi le traité de Lisbonne pourrait nuire au pays. Si les intérêts des Tchèques résidaient dans une diversification des sources d'énergie et la sécurité, la nécessité d'une UE forte serait alors indiscutable. S'il était de l'intérêt de la République tchèque d'exploiter les fonds de l'Europe de manière efficace, il serait incompréhensible que nous posions des problèmes [à l'Europe]. »

(http://www.flickr.com/photos/tpcom/)

(07.10.2009)

Népszava - Hongrie

Le quotidien Népszava tire une leçon du référendum irlandais sur le traité de réforme de l'UE : « La question qui se pose aujourd'hui n'est pas tellement de savoir pourquoi les Irlandais ont dit 'oui' au traité de Lisbonne, mais surtout pourquoi ils ont dit 'non' en juin de l'année précédente. (…) La réponse est la suivante : notamment parce que le peuple irlandais ne savait pas sur quoi il devait prendre une décision. Ce n'est pas une surprise, dans la mesure où les dirigeants politiques irlandais avaient à l'époque reconnu qu'ils n'avaient même pas lu le traité. Dans ces conditions, le référendum d'alors n'avait aucun sens. (…) Comme chacun sait, l'ignorance du peuple ouvre des portes aux démagogues et ceux-ci en ont profité à l'époque. (…) Le week-end dernier, plus des deux tiers des Irlandais ont accepté le traité de Lisbonne. La leçon qu'il faut en tirer, c'est qu'il ne faut peut-être pas avoir aussi peur des référendums. Le peuple n'est pas infaillible. Mais lorsqu'on lui explique les choses comme il faut, il prend en général de bonnes décisions. Meilleures en tout cas que la plupart des politiques. »

(06.10.2009)