Politique

Hommage à Mandela : la mélodie Nelson

Article publié le 6 décembre 2013
Article publié le 6 décembre 2013

Nelson Mandela est mort. Le prix Nobel de la paix et premier président noir d'Afrique du Sud est décédé jeudi à Johannesburg, à l'âge de 95 ans. La petite musique des hommages européens rendus à Madiba sonnent comme une mélodie pour la réconciliation, les droits de l'homme et l'avenir en général.

Suède : le meilleur du XXe siècle  

Après la mort de Man­dela, il faut im­pé­ra­ti­ve­ment pour­suivre son œuvre, plaide le jour­nal à sen­sa­tion de centre-gauche Af­ton­bla­det : « L'apar­theid a laissé dans son sillage une pro­fonde cas­sure so­ciale, chô­mage, vio­lence, cor­rup­tion et in­to­lé­rance po­li­tique. Ces sé­quelles per­durent, bien que plus de 20 ans se soient écou­lés de­puis la li­bé­ra­tion du der­nier pri­son­nier du bagne de Rob­ben Is­land. Mais au­jour­d'hui, l'Afrique du Sud est riche d'un autre hé­ri­tage. Celui d'un pri­son­nier po­li­tique qui, à sa li­bé­ra­tion, a été élu pré­sident, a mené un pro­ces­sus de ré­con­ci­lia­tion pour de­ve­nir l'un des chefs d'Etats les plus res­pec­tés au monde. C'est un hé­ri­tage que nous de­vons tous culti­ver. Nel­son Man­dela nous a quit­tés, mais il in­carne le meilleur du XXe siècle. » (Ar­ticle pu­blié le 06.12.2013)

Po­logne : Comme Wałęsa

Les mé­rites de Man­dela en tant que com­bat­tant des droits de l'homme et pour­fen­deur du sys­tème ra­ciste de l'apar­theid sont in­es­ti­mables, écrit le por­tail d'in­for­ma­tion de centre-gauche Po­li­tyka On­line, qui le com­pare au prix Nobel de la paix po­lo­nais Lech Wałęsa : « D'une cer­taine façon, sa lutte est com­pa­rable à celle de Lech Wałęsa, à ses dé­buts. De par le monde, il in­carne la ba­taille pour les droits de l'homme et plus tard, pour un chan­ge­ment de sys­tème réussi, sans ef­fu­sion de sang. … Il a tant fait pour son pays, pour l'Afrique et pour les droits de l'homme qu'il fi­gure parmi les per­son­na­li­tés ex­cep­tion­nelles du XXe siècle. Grâce à lui, l'his­toire des droits de l'homme ne com­porte pas uni­que­ment des gé­no­cides, mais aussi des héros, por­teurs de li­berté et de so­li­da­rité. … Nous ché­ri­rons long­temps son sou­ve­nir. » (Ar­ticle pu­blié le 06.12.2013)

France : pas si bon que ça  

L'image in­ter­na­tio­nale de Man­dela a connu un chan­ge­ment ra­di­cal ces der­nières dé­cen­nies, rap­pelle l'heb­do­ma­daire li­bé­ral Cour­rier In­ter­na­tio­nal : « Au­jour­d'hui, le monde en­tier rend hom­mage à sa lutte. Mais dans le tour­billon mé­dia­tique, on ou­blie qu'à sa li­bé­ra­tion, en 1990, Nel­son Man­dela était consi­déré comme un dan­ge­reux "ter­ro­riste" sur la scène in­ter­na­tio­nale. Il a certes par­donné à ses an­ciens bour­reaux, il a ou­vert son pays à cette par­tie du monde qui l'avait au­tre­fois ou­blié. Mais ce n'est pas sa bonté d'âme qui a per­mis de faire de l'Afrique du Sud une grande puis­sance émer­gente et dé­mo­cra­tique. C'est son es­prit po­li­tique. Man­dela n'est ni un ange ni un saint. Ce se­rait sim­pli­fier son com­bat, ses sa­cri­fices. Ma­diba était bien mor­tel. Et il fut un grand homme. » (Ar­ticle pu­blié le 05.12.2013)

Ita­lie : le spectre de la ré­cu­pé­ra­tion

Les clep­to­crates mettent en péril le legs de Man­dela, dé­plore le jour­nal éco­no­mique li­bé­ral Il Sole 24 Ore : « La mort de Man­dela laisse un vide moral qui ne fait qu'ac­cen­tuer la mé­dio­crité de la pré­si­dence de Jacob Zuma. Le per­son­nage le plus fré­quent à cette époque est celui du "ten­der­pre­neur" : un fonc­tion­naire de l'ANC (Congrès na­tio­nal afri­cain), qui n'ac­corde contrats et ap­pels d'offres qu'aux en­tre­pre­neurs membres ou do­na­teurs de l'ANC. Cette ab­sence de dis­tinc­tion entre po­li­tique et af­faires, cette forme ma­la­dive de so­cia­lisme in­versé, sape da­van­tage l'éco­no­mie que les illu­sions de la "Na­tion arc-en-ciel", la so­ciété mul­ti­cul­tu­relle, qui né­ces­site plus d'une gé­né­ra­tion pour s'ac­com­plir. Les "ten­der­pre­neurs" et leurs men­tors se­ront pré­sents aux fu­né­railles de Man­dela. Ils ver­se­ront des larmes de cro­co­diles, tout en es­pé­rant qu'il n'y aura pas de nou­veaux Man­dela. » (Ar­ticle pu­blié le 06.12.2013)