Politique

Gordon Brown : l'homme de la semaine

Article publié le 15 octobre 2008
Article publié le 15 octobre 2008
Grâce à ses propositions économiques, Brown semble renaître de ses propres cendres, là où plus personne ne l'attendait.

Depuis le 13 octobre, les bourses mondiales s'enflamment. Les marchés ont repris confiance et les analystes financiers entrevoient la lumière au bout du tunnel. C'est un sommet historique qui a réuni les chefs d'Etats et de gouvernement de la zone euro à Paris ce dimanche 12 octobre qui aurait brusquement changé la donne. Qu'y ont-ils fait au juste ? Ils se sont calqués sur Gordon Brown. « Parfois, il faut une crise pour que les gens acceptent l'évidence, que certaines choses auraient dû être faites il y a des années et ne peuvent plus attendre », a t-il déclaré depuis le Fonds monétaire international. Son idée ? Injecter de l'argent public dans les banques en manque de liquidités, en échange de leurs actions. Cela revient à un plan de nationalisation des banques en règle. Les leaders européens ont annoncé qu'ils étaient enclins à faire de même chez eux.

« Qu'ont-ils fait au juste ? Ils se sont calqués sur Gordon Brown »

Il a d'autant plus de mérite que ce retour à la pensée de Keynes ou à la social-démocratie pure, a germé dans le pays du néolibéralisme thatchérien, mais le leadership économique anglais reste pathologique pour une Europe qui ne sait pas agir sans l'impulsion de Londres. L'autre proposition de Brown est de mettre en place un nouveau système de Bretton Woods qui garantirait la stabilité du capitalisme mondial, alors que Sarkozy, dans le même souffle, a appelé à une « refondation du capitalisme », en le recentrant sur l'industrie.

Chez lui, Brown a mis complètement hors-jeu le chef de l'opposition, le conservateur David Cameron. Sur la scène européenne, il est bien possible que l'on voie de plus en plus souvent ensemble en public des chefs de gouvernement comme Zapatero, Socrates, Brown et autres socialistes ravis de voir enfin le rôle principal rendu à leur idéologie fondamentale.