Politique

France et Hollande : des élections jumelles

Article published on 9 juin 2009
Article published on 9 juin 2009
Les socialistes en France et aux Pays-Bas paient cher leur opportunisme politique. « Eurosceptiques » lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005, « euro-enthousiastes » aujourd’hui, leur manque de clarté politique explique en partie de piètres résultats aux Européennes.

L’errance politique se paie souvent très cher en termes de voix. Dans le camp des socialistes, les résultats ont été particulièrement désastreux aux Pays-Bas et en France, les deux pays du « Non » à la Constitution européenne de 2005. En Europe, le socialisme a toujours été traditionnellement favorable à la construction politique de l’UE. En 2005 cependant, dans le but d’emporter un maximum de voix, en France et aux Pays-Bas, les socialistes ont fait campagne pour le « Non ». Pendant la campagne de 2009, ils ont de nouveau misé sur l’ « euro-enthousiasme », et l’électorat, qui cherche en fait des partis fidèles à leurs principes, les a abandonnés.

Victoire des positions claires

Ces deux pays ne sont pas, pour autant, redevenus eurosceptiques, même avec le succès de personnages xénophobes comme Geert Wilders aux Pays-Bas qui a placé son Parti pour la liberté (PVV) à la seconde place. Car de la même manière que le PVV a vu ses voix et ses sièges augmenter, les libéraux de gauche du D66 et les Verts, deux formations résolument en faveur de la construction européenne, ont obtenu un excellent résultat. En France, le Front national (extrême droite xénophobe) et le Nouveau parti anticapitaliste (extrême-gauche) n’ont quasiment obtenu aucune représentation, tandis que les Verts enregistrent un score historique, à égalité avec le Parti socialiste. De son côté, le grand vainqueur, l’UMP de Nicolas Sarkozy, mise sur une plus forte intégration de l’Union européenne.

On peut dire qu’il en est de même dans le reste de l’Europe. En Pologne, la victoire du parti conservateur au pouvoir a été sans appel, de même qu’en Italie. Et bien que les Tories britanniques aient quitté le groupe conservateur européen, celui-ci maintient son hégémonie avec un très bon résultat : ses 267 sièges en font le principal groupe politique pour la troisième fois consécutive depuis 1999. Il n’est pas sûr que la fragmentation du vote européen renforce les eurosceptiques ou les antieuropéens, car ceux-ci sont en général très hétérogènes et parviennent rarement à agir en commun.