Politique

Fonds européens : le bonheur est dans le blé

Article publié le 18 septembre 2014
Article publié le 18 septembre 2014

En Europe, s’interroger sur la manière dont les fonds de l’UE sont dépensés équivaut à poser une question à 138,6 milliards d’euros, soit le budget total alloué aux États membres. Sur six pays concernés, on s’aperçoit aussi que le principal coup de main de Bruxelles concerne en très grande partie le secteur agricole. En infographie, on vous donne la clé des champs.

France 

Il y aurait plus de 600 000 chefs d'exploitations en France. Un demi-million de personnes qui fait tourner l'Hexagone à plein régime quand il s'agit de produire des céréales, du sucre, du vin ou du blé. Le savoir-faire français dans l'agriculture place le pays au premier rang de la production agricole européenne (19%). L'UE le lui rend bien avec ses 9,3 milliards d'euros. Ne cherchez plus le vrai made in France, il est sous vos pieds.

Italie

L'agriculture dans la Botte, c'est 3% du PIB et 5% de personnes employées sur le total de la population active. Les Italiens reçoivent environ 6 milliards de la part de l'UE pour soigner leur agriculture qui est surtout consacrée à la viticulture. C'est dur à dire mais l'Italie est le premier producteur de vin au monde. Autre étrangeté, le pays est également le premier producteur européen de riz. Et pa(s)tatras.

Allemagne

En comptant l'élévage, les terres utilisées par l'agriculture représentent plus de la moitié du territoire allemand. Depuis les années 2000, les Allemands ont beaucoup gambergé sur la façon dont ils pouvaient se servir des 6,8 milliards d'euros alloués par l'Europe. L'idée sortira de terre grâce aux écolos : miser sur les bio-carburants, en limitant l'apport d'engrais et en gelant certaines terres pour les rendres cultivables. Résultats : depuis 2007, les exportations agricoles allemandes dépassent celles de la FranceDeutschland über alles.

Espagne

Dictature de Franco ou pas, l'Espagne a connu un exode rurale record dans les années 60. Après la disparation d'un demi-million d'exploitations agricoles en 20 ans, les Espagnols essaient de rattrapper leur retard grâce au génie génétique. Ainsi, en 2013, le pays de la tomate géante atteint un record historique de surface agricole OGM, avec un total de 186 962, 45 hectares. De quoi rendre las, le combat de José Bové.

Royaume-Uni

Les Britaniques bénéficient d’un rabais qui correspond en gros à une ristourne sur la contribution du Royaume-Uni au budget européen. Pourquoi ? Parce que le gouvernement s’est aperçu que le pays bénéficiait beaucoup moins de la politique agricole commune que les autres pays. En effet, l'agriculture n'est pas vraiment le sport national sur l'île. 0,6%, c'est à la fois la part de la population active employée dans le secteur et sa contribution au PIB du pays. God (doesn't) save the fields.

Pologne

Autant le dire tout de suite, si la Pologne a obtenu la deuxième croissance la plus forte au sein des pays de l'OCDE en 2006-2007, ce n'est pas grâce à ses agriculteurs. Depuis 1990, le pays préfère bosser sur le rapprochement entre ses grandes agglomérations et ses zones rurales. La croissance économique a ceci de mal qu'elle créé des disparités territoriales : un fossé béant entre l'Est et l'Ouest, un écart énorme entre la capitale, Varsovie, et le reste du pays... Bref, suffisamment de préoccupations pour contraindre le pays à demander des fonds structurels à l'UE. Bingo : sur la période 2007-2013, l'Europe lâche 67 millards d'euros aux Polonais. De quoi remettre la campagne au centre du village.