Politique

FMI : La France monte Lagarde

Article publié le 29 juin 2011
Article publié le 29 juin 2011
Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international a élu mardi soir à l'unanimité la ministre des Finances française Christine Lagarde à la tête de l'institution. Elle assure ainsi la succession de son compatriote Dominique Strauss-Kahn, feu homme politique et lui aussi, ancien ministre des Finances.
Si certains commentateurs considèrent que c'est la confirmation de l’ascendant de l'Europe, d'autres voient en Lagarde une présidente de transition.

Libération - France : Qui aurait misé sur elle après l’affaire DSK ?

L'élection de Christine Lagarde confirme clairement la force de la zone euro, estime le quotidien de centre-gauche Libération : « Qui aurait misé un euro sur les chances de la France de hisser une nouvelle fois l'un des siens à la tête de la plus puissante organisation internationale, après le scandale DSK ? Il faut saluer l'habileté du camp français dans ce tour de force diplomatique et en retenir la leçon politique : quand l'Europe parle d'une seule voix, elle se donne toutes les chances de faire prévaloir ses intérêts. ... La nomination de Christine Lagarde vient ainsi utilement rappeler la puissance de la zone euro. La ministre des Finances n'a pas gagné parce qu'elle est française, mais bien parce qu'elle a incarné l'union monétaire européenne. Même violemment secoué par une crise de la dette, l'euro participe au tout premier plan à la stabilité, certes difficile, de la planète financière. Il était bon que cela soit réaffirmé. »

(Article publié le 29.06.2011)

Handelsblatt - Allemagne : Se faire la garde des pays émergents

Malgré l'élection de Christine Lagarde à la tête du FMI, les Européens doivent faire une croix sur leur suprématie au FMI, estime le journal économique libéral Handelsblatt : « En effet, plus que tout autre patron du FMI, elle va devoir prendre en compte les nouveaux rapports de force au sein de l'économie internationale. Au final, ce sont bien les pays émergents qui contribuent depuis des années à la croissance alors que la plupart des pays industriels ne parviennent pas à sortir de leur marasme conjoncturel. Pour cette raison, Lagarde ne peut pas représenter la voix de l'Europe au sein du FMI, mais uniquement celle du bon sens économique, quel que soit l'endroit où se déroulent les crises. Sa manière de gérer les soubresauts de la zone euro sera examinée de près. Le sachant, elle ne sera pas encline à assurer un traitement de faveur à l'Europe. »

(Article publié le 29.06.2011)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse : Ne pas baisser la garde

Le choix de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international pourrait s'avérer plus coûteux que prévu, redoute le quotidien libéral-conservateur Neue Zürcher Zeitung : « Sous l'effet de la crise de la dette européenne, cette politicienne financière dotée d'un cursus juridique empruntera la voie expansionniste adoptée par Strauss-Kahn, sous lequel le FMI a contribué à soi-disant apaiser la crise - mais pas vraiment à la résoudre, en engageant ses propres moyens financiers. On ne peut pas vraiment s'attendre à des positionnements économiques quant à l'architecture financière internationale et le rôle modéré du FMI. Lagarde et les membres du FMI qui soutiennent ce cap expansionniste ne recevront la facture que lorsque les pays émergents et en développement exigeront une égalité de traitement pour les crédits du FMI. Le moment viendra où de nouvelles crises se déclareront dans les pays émergents et où le FMI sera appelé à intervenir, les commissaires du FMI pourraient alors se repentir d'avoir choisi Lagarde. »

( Article publié le 29.06.2011)

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Photos : (cc) International Monetary Fund/Flickr