Politique

Écosse : le dernier assaut pour sauver l’Union

Article publié le 13 septembre 2014
Article publié le 13 septembre 2014

Il est doublement fascinant d'arpenter les rues d’Edimbourg en cette mi-septembre. Les journées sont encore longues et ensoleillées et sur les fenêtres des immeubles victoriens gris les écrits « YES » aux couleurs vives se font de plus en plus nombreux chaque jour. Alors que le référendum sur l’indépendance de la couronne anglaise approche, les Écossais demeurent définitivement partagés.

À l'automne 2012, Alex Salmond, Premier ministre de l’Écosse et leader du SNP (Scottish National Party) a arraché à David Cameron la signature sur l’acte qui a marqué le début des consultations pour le référendum sur l'indépendance. Deux avant cet évènement historique, ce même David Cameron était tranquillement en vacances au Portugal pendant que de l’autre côté du Mur d’Hadrien, Alistair Darling, secrétaire des travaillistes et avocat influent dans la capitale écossaise, était envoyé à l’assaut des sécessionnistes avec sa propre armée appelée « Better together »

Lors du premier débat télévisé opposant Salmond et Darling, le Premier ministre s’était retrouvé dans une situation inconfortable alors qu’il annonçait vouloir garder la livre sterling. Son rival l’avait alors accusé de n’avoir aucun plan B, d’autant que Londres ne cesse de pointer du doigt les possibles dangers d’une telle union monétaire. Par ailleurs, les sondages diffusés par les principaux quotidiens britanniques annonçaient des résultats modestes pour les indépendantistes, qui ne dépassaient jamais les 39%. Mais il y avait quelque chose que les grandes chaînes d’information n’avaient pas calculé.

Le vote des jeunes et le Web

Une génération à un tournant.

Le référendum a été proposé à tous les majeurs de 16 ans, ainsi qu’à ceux qui ne sont pas citoyens écossais et qui résident en Écosse pour y travailler ou pour y étudier. Il s’agit donc d'un tas de jeunes qui ne lisent plus tellement les journaux papiers et qui vont plutôt chercher des nouvelles ailleurs, sur des sites web et des blogs tels que Wings Over Scotland ou Bella Caledonia, pour n’en citer que quelques-uns. On y trouve des analyses détaillées, des commentaires et des satires en faveur du YES VOTE. Autrement dit, c'est tout une machine de contre-information qui s’agite sous l’épais rideau des médias traditionnels. Le 25 août, les deux adversaires se sont retrouvés pour un second débat, diffusé cette fois-ci sur la BBC. Alex Salmond y est apparu en forme, persuasif, en pleine confiance. Dans l'autre coin, le pauvre Alistair Maclean Darling s'est retrouvé a essuyé les critiques d'une dame du public qui l’accusait d’être parmi les premiers « criminels » favorables à la privatisation du National Health Service, le système de santé publique. Ce n’est pas une surprise si dès le lendemain le camp du oui a commencé son ascension.

Jusqu’à prendre l’avantage sur le non pour la première fois, le 7 septembre dernier. Depuis, le gouvernement britanniques mutliplie les techniques de drague à l'endroit des citoyens écossais indécis. Avec plus ou moins de résultats...

Darling interpellé par une spectactrice du débat avec Salmond à propos du système de santé publique.

Une grossesse pour relancer l’attachement à la couronne ?

Quoi qu'il en soit, l’atmosphère reste pesante et force est de constater que les Écossais ont du mal à avoir les idées claires. Les amants de la conspiration d’Outre-Manche soutiennent que l'annonce de la dernière grossesse de Kate Middleton a pour seul objectif de relancer l’attachement au Royaume. Les nouvelles générations s’en remettent au rêve de Salmond et ceux qui ont peur de sauter le pas restent campés sur leurs positions. Après des siècles de batailles et d’intrigues de cours, qui aurait pu prévoir que les réponses aux  espoirs d’une nouvelle indépendance se trouveraient dans le référendum, l’instrument démocratique par excellence ? Sans une ouverture de la part de Westminster et sans un dialogue entre les  pro et contre union, la route pour une nouvelle Écosse autonome et économiquement saine deviendrait inaccessible et pourrait à long terme laisser des séquelles parmi la prochaine génération politique.