Politique

DSK tombe des nues

Article publié le 16 mai 2011
Article publié le 16 mai 2011
Le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a été arrêté samedi 14 mai à New York. Il est soupçonné d'agression sexuelle et de tentative de viol. Les puissants doivent eux aussi respecter la loi, constate la presse européenne, qui estime que le meilleur candidat de la gauche française aux élections présidentielles est hors jeu.

De Morgen – Belgique : DSK n’est plus un mâle dominant

La plainte déposée par une femme de chambre pourrait entraîner la chute du directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Les puissants ne peuvent plus tout se permettre, se réjouit le quotidien De Morgen : « Il est certain que tout homme est innocent jusqu'à preuve du contraire. … Mais Strauss-Kahn ne peut nier que son passé est chargé d'histoires louches avec les femmes. Il semble qu'il y ait selon lui une femme consentante derrière chaque homme puissant. Sous la perspective de l'aveuglement masculin cela se justifie. De nombreux prédécesseurs puissants s'en sont sortis avec un tel comportement. … Le grand banquier Dominique Strauss-Kahn, comme la figure de proue de WikileaksJulian Assange, doivent aujourd'hui admettre que l'envie du mâle dominant n'est pas supérieure au refus d'une femme. La raison de ce non n'a pas d'importance. Non ne veut pas dire oui. Mon corps m'appartient : cela vaut depuis des années. »

(Article publié le 16.05.2011)

Fakt – Pologne : Aux Etats-Unis, la justice ne fait pas d’exceptions

Dominique Strauss-Kahn a été arrêté aux Etats-Unis malgré sa fonction de patron du FMI, chose que l'on ne verrait pas en Pologne selon le journal à sensation Fakt : « C'est une femme de ménage d'un hôtel qui a porté plainte pour agression sexuelle contre Strauss-Kahn - une simple femme de ménage. Mais pour la justice américaine, peu importe qui est la victime ou quel est le statut de l'auteur. On arrête tout le monde avec la même sévérité. … Rappelons-nous maintenant l'affaire Roman Polanski et la réaction des "autorités" polonaises et de quelques politiques. Ils étaient tous habitués à penser autrement : le statut de VIP devait le libérer de toute responsabilité. Les choses sont différentes aux Etats-Unis. C'est pourquoi nous sommes de ce point de vue une république bananière. »

(Article publié le 16.05.2011)

Spiegel Online – Allemagne : Sarkozy se frotte les mains

L'arrestation de Dominique Strauss-Kahn ébranle les socialistes français, pour lesquels DSK représentait jusqu'à présent le candidat le plus prometteur pour les élections présidentielles. Le président Sarkozy perd ainsi son plus dangereux rival, estime le portail d'informations Spiegel online : « Même si l'Elysée n'a fait aucune déclaration officielle, les politiques du parti conservateur au gouvernement, l'UMP, pouvaient difficilement cacher la joie secrète que leur procure l'honneur perdu de DSK. … Jusqu'à présent, les citoyens français étaient relativement tolérants à l'égard de la vie privée de leurs dirigeants politiques. Alors que le président Giscard d'Estaing révélait ses rêves érotiques sous forme de roman, les escapades présumées du chef d'Etat Jacques Chirac étaient un secret de polichinelle et François Mitterrand vivait à l'Elysée la vie d'un bigame. … La question de savoir qui pourra rallier à sa cause les partisans de DSK au sein du parti et ses sympathisants au sein de la population reste ouverte. Ce qui est certain, c'est que le favori des sondages dans la course à l'Elysée est disqualifié. »

(Article publié le 16.05.2011)

Libération – France : Une bonne nouvelle : la gauche peut rebondir

L'arrestation pour viol du quasi-candidat à la présidentielle française Dominique Strauss-Kahn est un coup dur pour la gauche française, analyse le quotidien de centre-gauche Libération : « Les socialistes perdent le seul candidat qui avait, dans toutes les configurations possibles, la faveur des sondages. Le plus à même de battre Nicolas Sarkozy. Peut-être l'un des mieux placés pour répondre aux inquiétudes des Français. Cette dynamique politique prometteuse s'effondre avant même le début de la campagne. C'est d'ailleurs la seule bonne nouvelle : imaginons un instant une telle affaire à trois semaines du scrutin. … Dominique Strauss-Kahn savait qu'il était lui-même son plus dangereux ennemi. DSK out, restent un champ de ruines et les primaires, plus que jamais nécessaire. »

(Article publié le 16.05.2011)

Photo : (cc)IMF/flickr