Politique

Des poissons d’avril à la télé belge

Article publié le 7 avril 2008
Publié dans le magazine
Article publié le 7 avril 2008
Des lignes de téléphone exclusivement flamandes, rêve ou réalité ? Alors que les Etats-Unis et l’UE se jouent des tours autour de l’hormone de croissance, les lobbyistes rient jaune. Dernières nouvelles de Bruxelles.

Des poissons empoisonnés

La télévision belge francophone RTL-TVI a annoncé le 1er avril, dans son journal du soir, la décision de la commune flamande de Meise de couper toutes les conversations téléphoniques faites en français sur son territoire. Deuxième annonce frauduleuse : la région wallonne aurait acheté à la Flandre les portions d’autoroutes qui sont sur son territoire pour faire face à la régionalisation du code de la route. « Vu le contexte institutionnel, ma volonté est de réaliser des corridors routiers francophones », a même expliqué Michel Daerden, ministre wallon de l'Equipement. Ces deux poissons d’avril empoisonnés s’inscrivent dans un climat de tensions linguistiques grandissantes entre communautés flamandes et francophones.

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Nicosie : le point de désaccord

A Chypre, la partie grecque de l’île reproche à la partie turque d’avoir violé un accord suite à la présence de la police chypriote turque sur son territoire. Des centaines de personnes avaient pourtant fêté la réouverture de la rue Ledra, le même jour au matin. Ce point de passage situé dans la zone tampon administrée par l’ONU était fermé depuis 1963. L’ouverture de ce nouveau point de passage – le 2ème pour les piétons à Nicosie, le 6ème dans l’ile, avait fait renaître l’espoir en vue d’une réunification de l’île.

L'UE et les Etats-Unis s'opposent sur une décision de l'OMC

Un nouveau jugement de l’OMC tranche dans l’affaire des hormones de croissance qui oppose les Etats-Unis et l’UE. Selon l’organisation internationale, les droits de douanes imposés par le Canada et les USA, qui ont augmenté de 100 % pour une liste de produits européens, sont illégaux. Mais l’OMC réaffirme que l’interdiction de cette hormone par l’Europe n’a pas de justification scientifique.

En effet, depuis 1997, l’importation de viande en provenance du Canada et des Etats-Unis produite avec des hormones de croissance est interdite dans l’UE. L’Organisation mondiale du commerce a toujours contesté ces restrictions car elle estime que les conséquences négatives de ces hormones sur la santé, ne sont pas suffisamment prouvées. Elle a donc autorisé les Etats-Unis et le Canada à « se venger » en augmentant leurs droits de douanes.

Depuis, en 2003, l’UE avait contesté ces sanctions en déposant plainte auprès de l’OMC. Elle affirmait qu’elle avait révisé ses règles en les fondant sur de nouveaux faits scientifiques. Des études selon lesquelles l’une des hormones mises en cause accentuerait les risques de cancer et nuirait aux gênes.

Des lobbyistes très encadrés

Les membres de la commission des Affaires constitutionnelles du Parlement européen ont prôné mardi 1er avril un encadrement plus strict des groupes de pressions actifs auprès des institutions européennes. Ils se sont prononcés à une vaste majorité en faveur d'un enregistrement obligatoire des lobbyistes sur un registre commun à toutes les institutions de l'UE. Ce texte, qui sera soumis d'ici à mai en séance plénière, « représente un pas décisif vers une nouvelle culture de la transparence à Bruxelles », a affirmé mardi l'Allemand Jo Leinen (PSE), qui préside la commission des Affaires constitutionnelles.

Photos: Ledra street, Nicosia (gunnarinistambul/ Flickr), (tringita/ Flickr), European parliament in Brussels (freshwater2006/ Flickr), Une : French April fish (de colodio/ Flickr)