Politique

Des députés pour les expatriés italiens

Article publié le 4 avril 2008
Article publié le 4 avril 2008
Une loi permet aux expatriés de voter aux élections nationales le 13 et 14 avril. Douze députés et six sénateurs qui peuvent faire la différence les représentent. Zoom sur cette idée made in Italia.

Europe, Russie et Turquie ; Amérique du Sud ; Amérique Centrale et du Nord ; et le reste du monde (Afrique, Asie, Océanie et Antarctique). Rassurez-vous : il ne s’agit pas d’un cours de géographie mais des quatre circonscriptions mondiales choisies par le Ministère des Affaires étrangères italien, dans l’objectif d’organiser le vote des ressortissants italiens vivant à l’étranger.

Charcuterie, voiture et vote

A tous ceux qui reprochent à leur pays de ne pas être très novateur, les Italiens peuvent désormais rétorquer qu’en dehors de la charcuterie et des voitures, ils ont une loi sur le vote des Italiens de l’étranger. Cette loi remonte à 2001, un jour où le ministre en charge des expatriés de l’époque, Mirko Tremaglia, né en 1926 et membre de l’Alliance nationale, a réalisé son souhait le plus cher : il a permis à plus de 3,5 millions d’Italiens expatriés de participer aux élections nationales.

Ainsi nait la loi 459/2001. Sa spécificité se cache dans le fait que les personnes inscrites à l’A.I.R.E (le registre des Italiens résidant à l’étranger), un état civil, peuvent voter pour leurs propres candidats « étrangers » qui se présentent dans les grandes circonscriptions évoquées plus haut. Quel est l’enjeu exact de ces élections ? Les résultats qu’obtiendront ces douze députés et six sénateurs, qui font valoir au Palais Montecitorio, l’Assemblée nationale italienne, et au Palazzo Madama, le Sénat, les exigences de leurs compatriotes résidant à l’étranger.

Business et foot à la télé

Mais quelles sont les préoccupations des expatriés ? Elles concernent principalement les lois consulaires, la diffusion et la promotion de la culture et de la langue italiennes. Elles s’orientent aussi sur le business et le soutien au Made in Italy et aux entreprises italiennes dans le monde. Sans oublier, évidemment, la possibilité de regarder les chaînes de télévision italiennes et le championnat de football à l’étranger.

La loi en est aujourd’hui à sa troisième application. La première a eu lieu avec le référendum de 2003 concernant la réforme du Code du Travail, et plus particulièrement celle de l’article 18 qui interdit le licenciement non motivé d’un employé. Cependant, l’épreuve du feu a été les élections de 2006. En effet, il y a encore deux ans, personne ne prêtait une grande attention aux candidats des circonscriptions étrangères, jusqu’à ce que les résultats électoraux, et la victoire de Romano Prodi, se jouent grâce au vote de deux sénateurs « étrangers ».

Jusqu’à présent, les résultats obtenus par ces sénateurs et députés ne semblent bien fameux. Peut-être, est-ce lié au manque d’expérience des élus ou du peu de temps dont ces derniers disposent. En tous cas, les améliorations concrètes observées par les Italiens de l’étranger sont peu concrètes. Dans un récent sondage réalisé par Rai International, il apparaît que 45,2 % des personnes interrogées pensent que le vote à l’étranger n’est pas une expérience positive.

Espérons que pour les prochaines élections législatives, les 13 et 14 avril prochain, les résultats seront au rendez-vous et que les Italiens résidant à l’étranger ne seront pas obligés, encore une fois, d’expliquer à leurs amis sur place une autre caractéristique toute italienne : les élections anticipées.