Politique

Daniel Cohn Bendit : «Viktor Orbán, le Chavez européen»

Article publié le 20 janvier 2011
Article publié le 20 janvier 2011
La présentation du programme de la présidence hongroise de l'UE a donné lieu à de violents échanges entre le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et les eurodéputés. Ces derniers ont notamment critiqué la loi hongroise sur les médias. Les éditorialistes européens s’en prennent autant à la réaction exagérée d'Orbán qu’aux critiques peu fondées des eurodéputés.

Népszava – Hongrie : La présidence hongroise discréditée avant même de commencer

L'intervention du chef de gouvernement hongrois Viktor Orbán devant le Parlement européen a jeté le discrédit sur la Hongrie, écrit le quotidien de gauche Népszava : « A l’origine, l'objectif d'Orbán était de montrer que Budapest respectait les valeurs européennes. Au lieu de cela, il a provoqué un scandale suite auquel la Hongrie est aujourd'hui plus éloignée de l'Europe que jamais. … C'est un Orbán visiblement agacé et irrité que les députés européens ont appelé à respecter les valeurs fondamentales de l'Europe. Mais on lui a également rappelé qu'il a autrefois lui-même lutté contre la politique qu'il défend aujourd'hui. Cela a certainement été très désagréable pour Orbán. … Celui-ci a riposté. Il s'est efforcé de faire la leçon au Parlement européen et a qualifié la loi allemande sur les médias d'antidémocratique. Il s'est comporté comme s'il était devant le Parlement hongrois, c'est-à-dire dans son propre petit royaume. Il est parvenu à jeter le discrédit sur la présidence hongroise de l'UE avant même que celle-ci n'ait vraiment commencé. »

(Article publié le 20.01.2011) 

Sme – Slovaquie : Journée cauchemar pour Orbán

Lors de son discours inaugural de la présidence de l'UE, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ne s'est pas montré particulièrement adroit envers ses détracteurs, juge le quotidien libéral Sme, qui qualifie toutefois ces derniers de peu crédibles : « Pour Orbán, cette journée a représenté une véritable humiliation car il n'a pas su se maîtriser face aux eurodéputés et aux journalistes. Il leur a reproché d'offenser la Hongrie, en des termes similaires à ceux utilisés devant son auditoire national. … Les détracteurs d'Orbán, issus du groupe du Parti socialiste européen, se sont montrés peu sérieux et peu dignes de confiance. N'ont-ils pas défendu récemment l'ancien gouvernement slovaque de Robert Fico comme un exemple de politique de gauche réussie, minimisant au passage ses mesures autoritaires telles que la loi sur la presse ou les attaques nationalistes contre la minorité hongroise ? On peut aussi difficilement dire que les anciens détracteurs de Fico, de la fraction du Parti populaire, soient respectables lorsqu'ils dédramatisent aujourd'hui l'offensive d'Orbán contre la démocratie, la liberté d'expression, les principes du marché et la propriété individuelle. »

(Article publié le 20.01.2011)

 Frankfurter Allgemeine Zeitung – Allemagne : Non, la Hongrie n’est pas une dictature !

Tout le monde est responsable du scandale au Parlement de Strasbourg, la personne critiquée comme les critiques, estime le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les deux camps devraient modérer leurs positions dans l'intérêt de l'Europe : « Il est stupide de prétendre que la Hongrie devient une dictature. Bien sûr, Orbán ne devrait pas non plus jouer le rôle du chevalier noir qu'on lui attribue. Tous les détracteurs de la loi sur les médias ne visent pas la politique intérieure hongroise et la majorité conservatrice ; pour beaucoup il n'est question que de la liberté de la presse, et celle-ci fait désormais partie des valeurs européennes fondamentales. Budapest ne devrait pas rejeter les souhaits de révision exprimés par la Commission comme une ingérence impudente, mais les percevoir comme une contribution légitime. Il est regrettable que la présidence tournante de l'UE assumée par la Hongrie, dont personne ne met en doute l'honneur, ait débuté de cette manière. Les choses ne doivent pas continuer ainsi. Il est de l'intérêt de tous les acteurs européens qu'elle ne souffre pas du litige sur les médias. L'Europe a d'autres chats à fouetter. »

(Article publié le 20.01.2011) 

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