Politique

Chasse et politique : les fines gachettes européennes

Article publié le 30 septembre 2010
Article publié le 30 septembre 2010
La chasse est-elle la drogue de nos politiques européens ? Le président de la République Polonaise fraichement élu Bronisław Komorowski qui pose tout sourire avec son chien devant un cerf après avoir promis l’abstinence lors de sa campagne électorale ? Normal. Car rien à faire, le gibier a l’air d’être la friandise préférée des politiciens à travers le continent.

La photo du président polonais à la chasse a été publiée le 15 septembre par le magazine Fakt. Il suffit de faire un retour rapide à la campagne présidentielle polonaise pour comprendre ce qui cloche : les défenseurs des droits des animaux avaient fait la chasse à Komorowski, et le futur président, pris au piège, avait fini par déclarer que dorénavant, il ne chasserait plus que muni d’un appareil photographique. Mariano Fernández Bermejo, ancien ministre de la justice espagnole (de 2007 à 2009), n’a quant à lui même pas eu le temps de faire une déclaration : la photo prise lors d’une partie de chasse en compagnie du juge Baltasar Garzón - le magistrat le plus médiatique et controversé d’Espagne - lui a coûté son poste. Les Espagnols n’ont certes pas apprécié de découvrir sa relation privée avec le magistrat ; ils sont surtout tombés des nues en découvrant qu’il chassait sans permis de chasse pour cette région.

Ne jamais braquer un chasseur

Tony Blair considère le « Hunting Bill », loi interdisant la chasse avec chiens en Angleterre et au Pays de Galles, comme la plus grosse erreur de sa carrière politique. « Même si j’avais proposé de résoudre le problème des retraites par l’euthanasie obligatoire d’un retraité sur cinq, je n’aurais pas eu autant de problèmes », écrit le Premier ministre britannique dans son autobiographie récemment publiée. Impossible de retrouver la piste des opposants à cette interdiction, lesquels affirmaient que la chasse avec chiens, spécialement la chasse aux renards, permettait de réguler efficacement le nombre du gibier.

Attention, « ours à problème »

Pour éviter les remords à la Blair, Edmund Stoiber, le ministre-président du Land de Bavière, s'est mis du plomb dans la tête. Pour la première fois depuis deux siècles, un ours posait les pattes sur le territoire allemand. Mais l’animal, venu en Bavière allemande de la province italienne de Trente, était suspecté de tuer pour le plaisir (les fermiers étaient inquiets du fait qu’il attaquait les moutons et les mordait, mais sans les manger). Edmund Stoiber a finalement classé l’ours dans la catégorie « Problembär » (« ours à problème »), et a autorisé la chasse. Le problème a été résolu un bon matin de juin 2006. Stoiber est désormais plus connu sous le nom de « Problembär ». Pas de quoi se faire un sang d'encre.

Photo : Tony Blair ©naturenet.net