Politique

Aléxis Tsipras : le candidat anti-austère

Article publié le 3 avril 2014
Article publié le 3 avril 2014

Aléxis Tsípras est can­di­dat of­fi­ciel à la pré­si­dence de la Com­mis­sion eu­ro­péenne. Son pro­gramme en 10 points en­vi­sage de sor­tir de la crise et de chan­ger le vi­sage de l’Eu­rope. Com­ment ? En com­bat­tant l’aus­té­rité. Coûte que coûte.  

Aléxis Tsipras, 40 ans, est l’actuel président de Syriza, le parti d’opposition au gouvernement grec et, surtout, le candidat officiel à la présidence de la Commission européenne du Parti de Gauche européen pour les élections de mai 2014.

Il est à la tête d’une nouvelle gauche européenne qui se déclare éloignée des éléments modérés et néolibéraux que partagent les plus grandes factions politiques, populaires et socialistes du Parlement européen. Une gauche qui veut révolutionner l’Union européenne et surtout l’Eurozone. Son manifeste se compose de dix points fondamentaux, mais aucun de ceux-ci ne peut espérer être mis en œuvre sans que le premier point, père de tous les autres, ne soit réalisé : la fin de l’austérité.

Révolution écologique, relance des investissements grâce à un « new deal » européen, suspension du pacte budgétaire et une politique non contraignante, « soft », sur l’immigration, sont autant de points exposés dans le manifeste de Tsipras. Des points qui semblent avoir été taillés sur mesure pour les pays du sud de l’Europe. Ce n’est pas un hasard si la « liste Tsipras » compte le plus de sympathisants parmi les pays les plus touchés par l’ordonnance allemande « tout pour l’austérité, rien pour les investissements ».

L’idée maîtresse est de relancer l’économie en profitant du moteur que représente la transformation « écologique » de la production et de s’assurer que tous les citoyens ont accès aux instruments nécessaires pour jouir complètement de leurs droits humains et civiques, des droits qui ont été bafoués par la crise, notamment au travers des coupes dans le budget de l’éducation. Même chose dans le domaine de la santé. Même chose pour tous les instruments d’ aides sociales. 

Tsipras n’a peut être pas la si convoité « confiance des marchés », que la plupart des partis recherche, mais une longue liste d’intellectuels lui a déjà manifesté son soutien. En outre, il a pour lui sa grande énergie, l’avantage du jeune âge et l’expérience directe du désastre social grec, conséquence du cocktail mortel entre crise économique et austérité.

Son principal concurrent à l’heure actuelle est Martin Schulz, le candidat allemand à la présidence pour le Parti Socialiste Européen, qui, avec son slogan, « Jobs for young people » (« Du travail pour les jeunes », nda) a déjà marqué un gros point. En outre, il peut aussi se targuer d’être le Président du Parlement européen sortant.

Toutefois la véritable compétition dans ces élections n’aura pas lieu entre les différentes tendances politiques, mais entre les Europhiles et les Eurosceptiques. En fait, le vrai vainqueur sera celui qui arrivera à remporter le vote des citadins déçus qui grossissent les files du populisme anti UE.