Politique

 2015, l'année du retour pour Berlusconi ?

Article publié le 17 mars 2015
Article publié le 17 mars 2015

Le 10 mars dernier, après neuf heures passées au coeur de la Chambre du Conseil, la Cour de cassation italienne a acquitté Silvio Berlusconi, confirmant la décision de la cour d'appel. La condamnation à 7 ans de prison est bien loin. Et le Cavaliere est désormais prêt à retourner au front.

Ce qui ressemble à un film de Mel Brooks - du moins selon le procureur général adjoint Eduardo Scardaccione - est en fait le quotidien d'un pays bien réel, l'Italie, qui reste la risée du monde entier. S'il s'agissait d'une histoire inventée, comme celles qu'on lit sur Lercio.it, on se tordrait sans doute de rire. Mais non. La nuit du 28 mai 2010, à l'autre bout du fil du commissariat de Milan, c'était bien le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi qui discute.

Vous faites une erreur, dit le Cavaliere, la jeune fille que vous avez arrêté est la nièce de Moubarak. C'est ainsi que, selon Scardaccione, on se retrouve au coeur d'un scénario digne du réalisateur de Sacré Robin des Bois, (ou de Frankenstein junior, c'est vous qui voyez). Parmi les protagonistes, on retrouve Ruby Rubacuori, pseudo de Kharima el Mharoug, la conseillère communale Nicole Minetti ou encore l'agent des VIP, Lele Mora et Emilio Fede, alors rédacteur en chef du journal télévisé TG4.

Au fil des années, les mots ont été gaspillés. Les charges - pour lesquelles il avait été condamné en juin 2013 non seulement à 7 ans de prison en première instance, mais aussi interdit  d'exercer une quelconque fonction publique en vertu de la nouvelle loi Severino - portaient sur de l'extorsion et la prostitution de mineur. Mais ces dernières années, on a parlé de tout, des prouesses de Ruby Rubacuori - tout sauf la nièce de Moubarak - aux qualités vocales de Giuliano Ferrara, ancien rédacteur en chef du Foglio, qui a dédié une chanson à la magistrate Ilda Boccassini, rebaptisée pour l'occasion, « Ilda la procureur rousse ». Ou encore les mots de l'ex-femme de Berlusconi, Veronica Lario, de toutes celles attirées par le pouvoir et de ceux qui ont participé, ne serait-ce qu'une fois, à l'un de ces énigmatiques « dîners élégants ».

Au cours de ces années, le bunga bunga a donné lieu à de nombreux sketchs, des parodies et même à un jeu baptisé « Bunga bunga room ». Petit à petit, cette expression s'est imposée parmi les trois premières choses que l'on dit quand on se présente comme Italiens. Pizza, spaghetti, bunga bunga. Pas forcèment dans cet ordre. Ainsi au lieu du waka waka, nous continuerons à danser sur la version d'Elio e le storie tese.

« Si vous ne faites pas attention vous allez vous retrouver en prison à cause de l'Afrique »

Ilda rossa di procura - Giuliano Ferrara, ancien rédacteur en chef de Foglio (2013)

La nouvelle a fait le tour du monde : rubygate, bunga-bunga, sexgate. Quelque soit le nom qu'on lui donne, cet épisode dans la vie du Cavaliere est bel et bien terminé. Et avec ses heures d'intérêt général à l'institution pour personnes âgées de Cesano Boscone (Milan) également derrière lui, Berlusconi est libre pour de bon. Et prêt à se battre contre la loi Severino.

Chaque fois qu'on pense être arrivés au dernier acte, les cartes sont à nouveau mélangées, et l'on se demande bien ce que nous réserve le prochain épisode.