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Meet My Hood : Wedding, Berlin

Article publié le 11 septembre 2017
Article publié le 11 septembre 2017

Ce qui était autrefois un quartier populaire appelé « Red-Wedding » est aujourd’hui un quartier en pleine expansion, fier de sa diversité culturelle. Comparé à d’autres quartiers, Wedding est relativement épargné par la gentrification, ce qui en fait l’un des quartiers le plus authentique de la capitale. Le veritable esprit de Berlin est toujours perceptible ici. Voici pourquoi.   

Le nom « Wedding » n’a rien à voir avec le mariage. Ce quartier de Berlin a été baptisé d’après un noble du 12ème siècle, Rudolf de Weddinghe, seul habitant du quartier à avoir été dénommé avec un article défini « Der » Wedding. Traditionnellement,  Wedding était un quartier populaire, aujourd’hui berceau d’une grande communauté de migrants qui forme environ 30% de sa population. C’est aussi l’une des zones les plus pauvres de Berlin avec de forts taux de chômage et de criminalité. Les touristes visitent rarement Wedding, le sens de la communauté locale vient de ces petites épiceries où les habitants passent la plupart de leur temps à discuter plutôt qu’à acheter de la nourriture, s’asseyant au bar et profitant d’une vie paisible. 

Notre ballade dans Wedding démarre à S-Bahnhof Wedding, une des stations du Ring Bahn, la ligne de RER circulaire de Berlin. À Nettelbeckplatz, la place qui donne sur la sortie de la station de S-Bahn, il n’y a que des locaux : des mères qui surveillent leurs enfants, des jeunes assis sur le haut des bancs, des gens qui attendant le bus. Certains jours, on peut trouver un marché fermier sur la place, mais aujourd’hui c’est calme et résidentiel. À l’inverse des quartiers à la mode Prenzlauer Berg et Friedrichshain, vous devez savoir où chercher pour trouver les bars et les restaurants cools de Wedding. Par chance, nous savons où ils sont. 

On prend la rue Gerichtstraße, qui fait déjà partie de Gesundbrunnen, une zone séparée formée à l’est de Wedding par une réforme de 2001. Mais les locaux la considèrent toujours comme faisant partie de Wedding. Scott Bolder vit juste à cinq minutes de Nettelbeckplatz. Il est originaire de Brooklyn, mais il est venu à Berlin en 2010 et travaille depuis lors sur un projet nommé Das Baumhaus (« La maison arbre », ndt).

Das Baumhaus est importante pour la communauté locale. Chaque jeudi, ils organisent des « soirées communautaires », où les gens viennent partager de la nourriture récupérée dans les supermarchés ainsi que leurs idées pour des projets à venir. C’est un endroit où les gens peuvent venir demander de l’aide et faire des nouvelles rencontres. Le public est constitué de professionnels, d’étudiants, d’expatriés, des membres des communautés roms et turques, c’est-à-dire tous les habitants du quartier. Tous ceux qui viennent ici ressentent la « vibe » et, comme le dit Scot, « se comportent bien, naturellement ».

Du « Red Wedding » au « Green Wedding »

En quittant « La maison arbre », on part vers le nord au centre du quartier. En traversant quelques rues résidentielles, on tombe sur un crematorium qui a été transformé en un centre culturel le Kulturquartier silencieux et vert avec des espaces de représentations et des bureaux, un restaurant et un bar. Juste deux rues plus loin, au bord de la Leopoldplatz, un grand graffiti blanc retient l’attention. « Toujours pas de gentrification ! », s’affiche sur un grand bâtiment gris. Devant ce bâtiment, on peut trouver Himmelbeet, un jardin communautaire pour les habitants de Wedding. 

Depuis quatre ans, les habitants font pousser leurs tomates et leur persil dans cet endroit, mais ils s’y rassemblent aussi pour parler des questions de communauté et partager leurs problèmes. « Ça a commencé comme un projet de permaculture, mais maintenant c’est un projet de voisinage », nous dit Meryem tandis qu’elle coupe ses plants de menthe. Elle travaille à Himmelbeet depuis trois ans et connaît chaque parterre de fleur du coin. « C’est comme vivre dans un salon où l’on peut juste discuter avec les gens. J’ai vu des enfants grandir ici », ajoute-t-elle. L’année dernière, la communauté a construit son propre four à pain. Maintenant, ils font cuire leur pain chaque vendredi.

Aussi Berlin que possible

La meilleure façon de profiter de la scène culturelle de Wedding et de comprendre sa mythologie locale, c’est d’aller à un spectacle du Prime Time Theatre. Plusieurs fois par semaine à 20h15, ils jouent Gutes Wedding Schlechtes Wedding (pour « Bon Wedding, mauvais Weeding », ndt) une sitcom en direct. Après presque 14 ans et 111 épisodes, il est préférable de prendre ses billets en avance car la salle est normalement remplie.

Le hall est bondé, tant par des habitués du théâtre par ceux qui ne vont normalement pas aux spectacles. L’atmosphère est très décontractée. La plupart des gens semblent se connaître. Oliver Tautorat, le fondateur du théâtre, salue personnellement tout le monde à l’entrée. « C’est comme quand une grande famille se rassemble, où il y a un oncle qui raconte toujours des blagues, dit Oliver. Nous sommes cet oncle pour notre public ». Effectivement, parfois il est difficile de comprendre ce qui se passe sur scène et ce qui déclenche le rire du public.

Les personnages sur scène sont les habitants de Wedding typiques : un postier d’un certain âge qui s’appelle Kalle, le propriétaire d’un Kebab qui s’appelle Ahmed, une mère turques autoritaire, des fans du Herta FC et tant d’autres. Comme dans n’importe quelle sitcom, le théâtre joue sur des clichés des personnages locaux qui sont accessible au public allemand, même au au délà des frontières de Wedding.

Le nouveau Neukölln

Wedding perd peu à peu sa réputation de quartier pauvre, sale et dangereux. Cela fait 10 ans que l’on dit « Wedding sera le prochaine Neukölln » puisque de plus en plus d’artistes et d’étudiants s’y installent. Mais le processus de gentrification n’y est pas si évident, excepté à Sprengelkiez

 « Wedding se développe constamment, mais à un rythme normal » dit Joachim, fondateur du site web Weddingweiser. « Le quartier reste le centre de l’attention des media à cause de mauvais articles de journaux ou des problèmes sociaux ou de la criminalité. Mais bizarrement, ici, vous pouvez vivre une vie tranquille et résidentielle. Il y a plein d’initiatives et de projets pour connecter les habitants entre eux. »

Nous terminons notre ballade dans le Bar Moritz, pas très loin du théâtre. C’est un endroit typique au style berlinois avec une sélection de bières pas très large. Deux hommes s’assoient à coté de nous et la conversation débute naturellement. Tous les deux vivent dans le coin, qui d’autre iraient dans un bar à Wedding un jeudi soir ? Pour eux, c’est simplement moins cher de vivre à Wedding. « Et si besoin, on peut aller où on veut avec le S-bahn », concluent-ils.

Le mot des voisins 

Les gens 

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Combien ça coûte ? 

Parfait pour un budget étudiant Johan Giraud

Les bonnes adresses

Das Baumhaus, Gerichtstraße 23

Himmelbeet, Ruheplatzstraße 12

Prime Time Theater, Müllerstraße 163

Wilma (bar), Badstraße 38

F bar, Grüntaler Str. 9

Silent green Kulturquartier in former Crematorium, Gerichtstraße 35

be’kech Anti Café, Exerzierstraße 14

Café Pförtner (restaurant), Uferstraße 8-11

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Cet article fait partie du  projet de cafébabel, Meet My Hood, qui a pour objectif de faire découvrir les quartiers des principales villes européennes, en chantant. Participe toi aussi où que tu sois !