Lyon

C'est toujours mieux chez les autres !

Article publié le 6 septembre 2010
Article publié le 6 septembre 2010
Me voila rentré d'un mois de vacances à travers une (petite) partie de l'Europe. Un mois d'aventures. Nous (mon ami et moi) n'avons rien préparé, ni même pris la peine d'emporter un guide type Le Routard (que j'appelle "Le Retard") ou le Petit Fûté (que j'appelle "Le pas très malin"). Un pass InterRail illimité en poche, nos sac à dos, deux toiles de tente (au cas où nous aurions des invité(e)s...
) quelques vêtements, une canne à pêche et un bidon d'essence pour amuser la galerie avec un semblant de spectacle pyrotechnique. Quant à l'itinéraire, nous l'avons décidé deux ou trois avant, sans savoir où nous allions atterrir, à quelle date, à quelle heure... Notre credo : "c'est les vacances, on verra bien sur place". Et tout s'est très bien passé !

Le sujet de cet article n'est pas nos vacances. Il y a d'autres endroits pour cela, comme Facebook par exemple. Au sujet de Facebook, je continue à défendre cet outil, certes de fichage, mais qui permet de garder un contact permanent avec des personnes parfois éloignées. Il nous indique même leur anniversaire. Viva Facebook !

Je ferme la parenthèse pour en venir aux faits : c'est franchement mieux chez les autres. Lorsque j'ai quitté Lyon pour cette aventure européenne, tout début août, je voulais sortir de la routine et être surpris par l'étranger. A quoi bon partir si c'est pour ne pas être dépaysé ? J'ai été servi !

Première bonne surprise, à Turin : pour 4 à 7 euros, en fonction des endroits, on a pu se faire un "apéritivo" comprenant un verre d'une boisson au choix (un Martini pour l'ami Jean et un rouge pour moi) et un excellent buffet froid à volonté ! Cela, sur la place principale de Turin, à deux pas des Murazzi, "the place to be" pour faire la fête sur les quais. Je ne parlerai pas des pizza délicieuses à moindre coût, ce serait indécent. A Lyon, les tapas coûtent minimum 15 euros pour une bonne assiette et une boisson, et c'est pas à volonté.

Deuxième bonne surprise, à Ljubjana cette fois : nous débarquons à 1 heure du matin. Quasiment pas un chat aux alentours de la gare. On se regarde dans le blanc des yeux. Où va-t-on dormir ? On s'est refusé l'hôtel, il faudra trouver un parc. Un "métaleux" fait son apparition, accompagné d'un groupe de jeunes touristes. Nous lui demandons où nous pourrions crêcher. "Je vous aurais bien proposé de venir chez moi mais c'est complet. Vous avez le choix entre demander aux gens dans la rue (c'est une pratique courante à Ljubjana) ou aller dans une auberge". Après tout, c'est les vacances, on est frais et chauds, on dormira plus tard dans le train qui nous conduira à Zagreb. "Où peut-on faire la fête ?" lui demande-t-on. Il nous indique "Metelkova", à une centaine de mètres de la gare. "Vous allez voir, ça déchire" nous assure-t-il. On y croit moyen, vu son look, mais pourquoi pas, dépassons les préjugés. Arrivés sur place, nous sommes immédiatement propulsés dans un autre monde : des bâtiments aux façades recouvertes de graffitis et d'œuvres d'art, des barreaux aux fenêtres, des gens un peu partout, en groupes, buvant et riant, du son s'échappant des rez-de-chaussée... on est déjà plus détendus. "Salut les Français !" nous interpelle un autre Français, un béret bien de chez nous vissé sur la tête. Il nous invite à partager sa vodka. On lui offre une bière de notre cargaison de survie, puis il nous explique que nous sommes dans la cour d'une ancienne prison transformée, depuis, en friche artistique. (cf photo) En regardant autour de nous, on s'aperçoit que des tentes sont posées sur un petit coin de pelouse. Nous faisons de même avant d'aller faire la bringue dans les pubs situés en rez-de-chaussée. Chaque pub contient une ambiance différente, il y en a pour tous les goûts : trentenaires-quarantenaires roots, gays et lesbiennes, métaleux, R&Bistes et même un pub musiques du monde où ils passaient du Cheb Khaled ! Comme à la maison !

Cette ancienne prison devenue friche a vu le jour grâce à l'UE qui a subventionné une grande partie du projet. Pour info, il y a aussi une auberge dont les tarifs sont plutôt abordables. Voila où je veux en venir : à Lyon, la Friche RVI fait polémique depuis plusieurs mois. Les pouvoirs publics ont délogé les artistes pour les reloger ailleurs mais dans des conditions dépassant tout entendement : aucune concertation en amont, décisions prises à la hâte, le tout relayé par les médias dociles... L'exemple parfait d'une culture de l'idiotie institutionnalisée qui tend à dynamiter de nombreux acquis, et notamment culturels. A Lyon, la Friche existait depuis des dizaines d'années mais elle n'a jamais été considérée par les autorités (politiques et culturelles) comme faisant partie intégrante du tissu culturel local. Les autorités l'ont toujours laissé en déshérence. Ses résidents ont toujours dû se débrouiller seuls. Quittes à crever de faim, ils ont privilégier la précarité au confort d'un salaire de bureaux avec des horaires de bureaux et une vie de bureaucrate. Rêvent-ils peut-être d'un Metelkova à la lyonnaise ? Tout le monde a le droit de rêver, même les consommateurs de culture.

Autre bonne surprise, en Croatie cette fois. On s'est fait payer des cafés, le bus pour rentrer de la plage de Czerce (Ibiza Croate) à notre camping, on ne nous a pas fait payer la consigne et les douches qu'on squattait depuis près d'une semaine... certainement parce qu'on n'avait pas la touriste attitude, qu'on devait ressembler à des ploucs à force de dormir dans la rue ou dans des parcs tombés. Quoiqu'il en soit, on est tombés sur des gens hyper sympas qui, malgré le fait qu'on était dans une zone ultra touristique, nous ont considéré avant tout en humains. Et ça, ça fait franchement du bien, pour nous qui venons d'une société déshumanisée.

En Croatie toujours, l'autre bonne surprise est la douceur de ses femmes. Mais ça, c'est classé X !

En Pologne, on a kiffé se faire aborder devant les pubs et discothèques. Limite on nous prenait par le bras pour entrer ! Alors, pour nous appâter, on nous offrait des réductions genre "6 PNL les 10 shooters de Vodka" soit un peu plus d'1 euro. A ce prix là, on avait de quoi bien s'amuser ! Dans un autre pub, on a eu droit à une pinte et un shooter maison. Dans d'autres lieux un peu plus branchés, c'était 40 % de remise sur la bouteille de Vodka, déjà qu'elle coûte deux à trois fois moins cher qu'en France (tarif boîtes). Moi qui ai l'habitude de me faire refouler des boîtes lyonnaises, je peux vous dire que j'étais au paradis ! Et dire que la Pologne fait partie des pays hostiles aux étrangers... je n'ai jamais eu de problèmes de ce côté-là.

Bilan de ce petit tour en Europe : Lyon est vraiment une ville HAS-BEEN. Étrangement, au cours d'un reportage et d'une discussion avec un horloger de 70 ans, samedi à Lyon, j'ai confirmé cet état de fait. L'homme m'a expliqué comment était Lyon avant que ne débarquent les Mc Donalds et autres grandes enseignes professionnelles du "prête à consommer vite" et, bien entendu, des merdeux délinquants qui s'amusent à semer la terreur en ville. Au final, nous sommes arrivés à cette conclusion : il n'y a plus d'âme à Lyon, Lyon est une ville morte !

A bon entendeur...