Luxembourg

Plus on est de fous, plus on est forts - Le Luxembourg, nain au Parlement européen

Article publié le 7 juin 2009
Article publié le 7 juin 2009
Par Jérôme Wiss Le Luxembourg compte 6 députés européens, de quatre couleurs politiques différentes. Dans un hémicycle qui compte 785 sièges, difficile de se faire entendre et d’avoir du poids dans les décisions. Pourtant, le pays est déjà surreprésenté. Le Luxembourg est un des nains au Parlement européen.
Le Grand-Duché avec ses 6 représentants (1), deuxième plus petit total de l’Union derrière Malte (5 élus), le Luxembourg est surreprésenté, au regard de sa population. Et le sera encore plus si le Traité de Lisbonne est appliqué un jour, puisque le Grand-Duché gardera le même nombre de députés, mais sur un total de 750. Il a toutefois déjà été question de diminuer ce chiffre.

«Lorsque j’étais ministre des Affaires étrangères» raconte l’actuelle députée européenne libérale Lydie Polfer, «j’ai réussi à maintenir le nombre de députés luxembourgeois à 6». Un chiffre clé, pour elle. «Il nous permet d’être représenté dans bon nombre des (20) commissions que compte le Parlement.»

A ce propos, le député socialiste Robert Goebbels, un des vice-présidents du Parlement , a été plutôt actif, voire influant, au sein de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie. De plus, reprend Lydie Polfer, «avec six eurodéputés, nous sommes représentés dans quatre des courants politiques» de l’hémicycle. De quoi faire entendre la voix du Luxembourg de manière éparse et isolée. Mais est-ce que ça la rend plus audible pour autant ?

Pas forcément. A entendre le Vert Claude Turmes, ce n’est pas le nombre de députés qui fait la force ou la faiblesse du pays. «L’équilibre doit se faire par la Commission» estime-t-il. «Le président sortant a tendance à s’allier avec les grands, que cela soit les pays ou les multinationales. Il ne protège pas les petits pays d’une certaine arrogance de la part des autres. C’est la cas par exemple en matière d’environnement». Des pays comme le Luxembourg appliquent un principe de sécurité à l’égard des OGM, par exemple, quand le Président de la Commission semble militer en faveur de leur libéralisation, se faisant un soutien de fait «de lobbys industriels comme Monsanto. Il n’y a aucune nécessité politique ou juridique à pousser en faveur des OGM» selon le député écolo.

Qui espère donc que le scrutin du 7 juin permettra de rééquilibrer les débats au Parlement, voire de renverser la tendance pour contraindre la Commission à changer de tête. Pas gagné. «Le rééquilibrage européen se fera par de multiples petits rééquilibrages nationaux. Au Luxembourg, j’espère un député de gauche en plus. J’ai de bons espoirs pour la France, aussi. Mais en Angleterre ou en Italie les sociaux-démocrates sont en déroute.»

Donc, ce ne seront pas les prochaines élections qui permettront aux petits pays d’être plus entendus. Que faire alors. Le Chrétien-social Jean Spautz, un des plus anciens de la bande à 79 ans, rappelle que l’union fait la force. Le Luxembourg n’est pas le seul nain d’Europe et en s’alliant aux autres petits (Malte, Chypre, Pays Baltes, Slovénie…) il pourra défendre mieux ses intérêts. D’autant que si le Traité de Lisbonne entre en vigueur un jour, les États n’auront plus de droit de véto. Il faudra donc plusieurs petits pays pour créer la minorité de blocage instaurée par Lisbonne. «Ils devront se mettre à plusieurs. C’est aussi ça, la démocratie», rigole Jean Spautz.

1 : Les députés luxembourgeois au Parlement sont: trois députés chrétiens-sociaux : Jean Spautz, Viviane Reding et Astrid Lulling,un député socialiste, Robert Goebbels, une députée libérale, Lydie Polfer, et un député écolo, Claude Turmes. Jean Spautz et Lydie Polfer sont les deux seuls députés sortants à ne pas vouloir rempiler.