La Parisienne

Kaboom, un film absurdement bien dans son temps

Article publié le 6 janvier 2011
Publié par la communauté
Article publié le 6 janvier 2011
Tout film s’inscrit dans son époque. Ainsi en va-t-il de Kaboom, qui semble porter à l’écran un peu de nous-mêmes et de notre temps. A voir les affiches placardées dans le métro parisien, le spectateur pense d’abord achever sereinement sa journée, en allant pouffer devant un énième Teen-Movie à l’humour pas toujours léger, auquel nous ont habitué les studios hollywoodiens.
Le début du film ne contrarie pas ce pressentiment. Fraîchement débarqué sur le campus de sa nouvelle fac, Smith incarne l’étudiant type de première année : entre deux soirées arrosées, il traîne avec sa meilleure amie, lui raconte ses histoires de mecs et elle ses histoires de filles, fantasme sur son room-mate, est forcé de coucher avec London la chipie, s’entiche de retrouver une étudiante disparue depuis peu, etc. Ainsi le jeune étudiant s’en va découvrir la vie au gré d’expériences diverses et variées. L’esthétique minimaliste du film s’accorde plutôt bien au monde souvent très réduit du quotidien estudiantin. Petit à petit toutefois, la survenue de rêves étranges, de sorcière, de torse retrouvé dans une poubelle ou de rituels avec masques d’animaux portent Smith et le spectateur à confusion. La réalité du quotidien, avec tous ceux qui la font de près ou de loin, serait-elle autrement plus bizarre et complexe que celle perçue jusqu’à présent ? Le spectateur l’espère, mais en attendant ne sait plus trop qualifier ce qu’il voit : une comédie, un thriller, une parodie? Smith ne l’aide pas, se perdant lui-même à donner un sens à un monde sur lequel il a de moins en moins de prise. Finalement, le héros trouvera toutes les réponses dans un final explosif. Il n’en sera probablement pas déçu. C’est ici qu’il quittera le spectateur et le laissera retourner à sa réalité, somme toute pas si éloignée de celle du film avec son lot de crises, de bonheurs simples et de gens trompant leurs malaises en rêvant au grand soir. N’en reste pas moins un film qui, par-delà son humour agréablement frais d’absurde, délivre une intéressante grille de lecture de son époque, la nôtre.

Écrit par Quetzalcóatl