Europe confidentiel

Populaires, Socialistes et Libéraux se cantonnent en Europe

Article publié le 15 juillet 2009
Article publié le 15 juillet 2009
Un des traits qui caractérise le vote eurosceptique et l’abstention en politique européenne c’est la méfiance à l’égard de la culture du consensus qui règne en UE.
Face à cela, les grands leaders de la chambre européenne et de la politique communautaire s’étaient mis, pendant la campagne électorale, à brandir des discours qui poussaient à réaliser la différence entre les modèles socialiste, conservateur, libéral ou vert pour l’Europe.

L’élection, hier, du Président du nouveau Parlement, en la personne du conservateur polonais Jerzy Buzek avec 555 voix favorables, dévoile l’accord de mandat que les Populaires, les Socialistes et les Libéraux ont passé, s’adonnant une fois de plus au vice du consensus.

Par contre, une fois la bataille électorale finie, tous les grands partis se sont partagé à nouveau les postes à Bruxelles et Strasbourg, empêchant ainsi de lancer une véritable législature de compétition parlementaire. Il faudra encore attendre cinq ans pour que les citoyens puissent identifier une majorité gouvernementale et une opposition en Europe. Désormais, les grands partis se sont mis d’accord sur Jerzy Buzek. Demain ils feront de même sur Barroso et le président de l’UE. Et bien évidemment sur la personne qui prendra le relais de Buzek dans deux ans et demi, vers la moitié du mandat. Dans les couloirs à Strasbourg, personne ne remet plus en question que le socialiste allemand Martin Schulz soit le successeur de Buzek. Le chef des parlementaires socialistes et démocrates a laissé échapper les présidences des commissions parlementaires les plus importantes (les économiques) pour pouvoir s’assurer le poste de président du parlement en 2012. Sans doute, dans le PSE, l’homme fort n’est point le danois Poul Nyrup Rasmussen, qui s’est montré très belligérant avec les conservateurs et les libéraux cette dernière année, mais l’allemand Schulz. Ce dernier, en tout cas, semble ne pas craindre les conséquences de ses pactes avec les conservateurs et libéraux sur le vote des élections allemandes du 27 septembre prochain. Il ne croit peut-être pas aux possibilités de son parti, le SPD. Ou bien voudrait-il escalader l’olympe europarlementaire pour, plus tard, rentrer en Allemagne comme un César qui traverse le Rubicon pour prendre les reines des socialistes allemands en débandade puis la chancellerie. Une fois de plus, Les Verts vont monopoliser le rôle de parti d’opposition. Tan mieux pour eux.