Europe confidentiel

Les contradictions des élections 2009

Article publié le 10 juin 2009
Article publié le 10 juin 2009
Graham WatsonLes résultats des élections ont surpris pour leur rudesse à l’égard de la gauche et des socialistes européens. Mais comme dans la plupart des processus électoraux, ses résultats cachent de curieux paradoxes qui contredisent la logique illusoire de la politique.

Graham Watson préside le groupe des libéraux. Dans ces élections, ils ont perdu 20% de leurs sièges, passant de 101 à 80. Pourtant, ces mêmes libéraux se sont transformés en faiseurs de rois en Europe. Le PPE a besoin de leur soutien pour que Durão Barroso soit, à nouveau, Président de la Commission Européenne ; les socialistes les veulent aussi pour construire un front parlementaire contre les conservateurs.

Les Libéraux.

Pez Grande

Pendant la champagne électorale, les Verts ont manifesté à plusieurs reprises leur soutien au socialiste Rasmussen pour qu’il se présente au poste de Président de la Commission Européenne. Normalement, dans les coalitions ou fronts électoraux, le poisson gros dévore le petit poisson. Or, au lendemain de ces élections, ce sont les socialistes de Rasmussen ceux qui se sont pris une claque considérable (162 sièges face aux 216 du dernier mandat), alors que les Verts de Cohn-Bendit ont récolté un de leurs meilleurs résultats (52 sièges face aux 42 qu’ils avaient jusqu’à présent).

Petit poisson.

Presque personne n’a fait de campagne en faveur en faveur du Président du Parti Socialiste Européen (PSE), Poul Nyrup Rasmussen. Surtout des nationaux comme Brown, Socrates ou Zapatero. Malgré cela, le danois P.N. Rasmussen a eu le courage et la discipline de faire campagne en faveur de tous, de sorte que la dernière soirée électorale il était à Madrid avec le PSOE et Zapatero. Rasmussen pourra au moins se consoler en sachant que le Danemark est un des rares pays ou le socialisme a gagné du terrain face à ses adversaires. Poul Nyrup RasmussenPoul Nyrup Rasmussen.barons

hortefeux

Un des engagements de l’UMP était que tous ses candidats élus se consacreraient en corps et âme à leur nouvelle fonction d’eurodéputé. Promesses vaines : le ministre français à l’Emploi, Brice Hortefeux, a été élu contre tout pronostique et l’UMP cherche déjà une excuse pour qu’il ne parte pas à Bruxelles.

Promesses.

Declan Ganley

Declan Ganley, le milliardaire irlandais qui avait créé et conduit un nouveau parti européen, Libertas, pour s’opposer au Traité de Lisbonne et rassembler les eurosceptiques du continent, n’a obtenu qu’un seul siège, et ce n’était pas le sien. Force est de constater qu’il est difficile de lutter contre l’européisme à travers une organisation transeuropéenne.

Euroesceptiques.

Plenario europarlamento

En 2009, pour la troisième fois consécutive, le Parti populaire européen a été le parti le plus voté en même temps que l’abstention marque son troisième record de suite. Curieusement, les quatre premières élections, entre 1979 et 1994, avaient engrangé une forte participation et avaient été gagnées par le Parti Socialiste Européen.

Abstention.

(Photos: )