Europe confidentiel

Duel de présidents pour un commissaire européen

Article publié le 1 juin 2009
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Article publié le 1 juin 2009

Jean Quatremer, dans son espace d’information politique européenne Coulisses de l’Europe, informe de la volonté de Nicolas Sarkozy d’imposer un français pour le poste de commissaire au marché Intérieur. Il n’est pas le seul à vouloir conquérir cette place européenne très prisée. Le poste de Président de la Commission pour Durão Barroso est en jeu.

En effet, un des secrets le mieux gardé du président espagnol –le socialiste Rodríguez Zapatero- c’est la raison de son soutien constant au conservateur Durão Barroso pour un deuxième mandat. Selon des informations recueillies par Europeconfidentiel, Zapatero aussi voudrait placer son pion, Joaquín Almunia (actuellement en charge d’Économie, grillé dans cette fonction par les coups portés par la crise économique), comme responsable au Marché Intérieur. En échange, son soutien à Barroso contre toute la logique de parti, qui conseillerait plutôt de soutenir un candidat socialiste pour présider la Commission Européenne. Même si les commissaires européens proviennent d’un des États de l’Union, ils se doivent strictement de défendre l’intérêt général européen et non pas le national de leur pays d’origine. Pourtant, il faut noter que les gouvernements espagnol et français conçoivent le marché d’un point de vue plus régulateur et moins libéral que Charlie McCreevy, qui occupe jusqu’à présent le portefeuille en question.

Le dilemme pour Barroso

Durão Barroso ne pourra pas satisfaire les espagnols et le français en même temps sur cette question. S’il ne donne pas cours à la prétention de Zapatero, il serait facile pour ce dernier de lui retirer son soutien; s’il ignore la volonté de l’omni-insistant Sarkozy, ce dernier, qui a exprimé parfois ses doutes sur l’intérêt de reconduire Durão Barroso pour un deuxième mandat, pourrait relancer sa recherche de candidats alternatifs, sachant que les grands accords ne se font jamais sans l’acquiescence de la France ou de l’Allemagne. Cette éventualité redonne des ailes aux possibles tentatives pour chercher des alternatives à une deuxième Commission Barroso. Depuis les files de socialistes, des Verts, des libéraux ou de la Gauche Unitaire on cherche des alliés pour que des personnalités comme Poul Nyrup Rasmussen, Joschka Fischer ou Guy Verhosfstadt candidatent au poste de Président de la Commission. Les uns veulent aller très vite, tandis que les autres préfèrent attendre à septembre

Ceci étant dit, le portugais conservateur, Barroso, négocie en secret depuis des semaines la composition de sa seconde Commission européenne avant même de recevoir le vote favorable du nouveau Parlement européen. Pour ceux qui souhaitent un changement de président de la Commission il n’existerait qu’une solution possible et qui exigerait des efforts titanesques de communication et de blocage politiques pendant trois mois. Il s’agirait de retarder la ratification du Président de la Commission jusqu’àprès la ratification du Traité de Lisbonne, en automne. Mais ceci n’est qu’un prétexte, car l’intention réelle est de retarde l’élection jusqu’à fin septembre, c’est à dire, après les élections en Allemagne qui pourraient mettre fin à l’actuelle Grande Coalition de Démo-chrétiens et Sociaux-démocrates qui gouverne l’Allemagne depuis 2005. Éventuellement, après ces élections allemandes, Socialistes, Verts et Libéraux allemands pourraient inaugurer une nouvelle coalition gouvernementale, modèle qu’ils pourraient extrapoler au niveau européen, notamment au Parlement européen, l’instance qui doit ratifier le nouveau Président de la Commission. (Photos : )