Eurogeneration

Nous sommes plus (et mieux) engagés que nos parents

Article publié le 18 octobre 2007
Article publié le 18 octobre 2007
Sommes-nous une generation engagée ? Peut-on soutenir la comparaison avec celle de nos parents ? L'engouement général pour l’environnement – cette année le Blog Action Day y était consacré – est l’occasion pour faire le point sur l’engagement en tant que tel, au délà des causes ecologistes.

La proliferation des ONG, des appels, des manifestations, des concerts (en dernier le Live Earth)  sont seulement quelques exemples de l'engagement des jeunes d'aujourd'hui pour l'environnement. Mais au de là de cela, ce qui change parmi les jeunes de notre temps est une plus grande conscience des problèmes de la planète qui, par rapport à mai 68, est beaucoup plus concrète.

Défiler en mai 68, en posant pour un photographe (comme dans la photo ci-dessous) ou participer à une manifestation d’hippies est certes bien plus sexy que partir faire du volontariat en Afrique, s’engager dans des associations ou participer à des initiatives civiques sur Internet.

De la meme façon, lancer des pavés d'antan sur la police en plein boulevard Saint-Mich' est plus chic que d'être un consommeur responsable, ne pas laisser le chargeur du portable dans la prise ou encore se battre pour le droit au vote des immigrés. Et je ne me réfère pas seulement aux petits gestes quotidiens par opposition aux lendemains qui chantent de nos parents. Je pense aussi, dans un autre registre, aux initiatives pour l’Europe fédérale ou aux nombreuses associations qui essayent d’approcher et de (ré)mixer les cultures du Vieux Continent. Ou à faire de l’Erasmus une occasion pour rédessiner la carte de la tolerance et  de l’ouverture.

Car ce n’est pas vrai que nous sommes la “generation X”, que nous ne croyons en rien, que nous sommes individualistes et point barre. La generation précédente  était sans aucun doute plus politisisée mais pas plus engagée que la nôtre !

Post Scriptum (sur la politisation).

En ce moment sur ma table de nuit il y a “Cuori Neri” (“coeurs noirs”), une belle enquête de Luca Telese sur les morts néo-fascistes des années de plomb en Italie. Seulement a Rome, entre les années 70 et 80 il y a eu plus de 100 homicides politiques, victimes de la tensions entre fascistes et communistes. Dans la capitale, un des quartiers le plus chauds fut le “Trieste-Salario”, où j’ai étudié pendant trois ans. Je me souviens de ces soirées passées en face de  la glacerie à place Trieste (je ne pourrai jamais oublier le gout aranciotto : chocolat avec des zestes d’orange).

Et seulement maintenant je comprends que voulait dire le tag “Paolo vit”, suivit par une croix celtique. “Paolo” était Paolo Di Nella, le militant, fasciste et écologiste (ça existait), tué de façon barbare pendant qu’il attachait des affiches pour la récuperation d'un jardin publique. Maintenant ce temps de politisisation extrême et des fois extremiste est terminé. Maintenant, en dessous de ce tag il y a des jeunes qui discutent, comme nous le faisions avec Nicola dell’Arciprete en 2000... A l'époque on se posait la question : comment bouleverser les cerveaux endormis de l’opinion publique italienne ? Nous voulions créer un media trans-national qui puisse donner une voix à notre génération. Aujourd’hui vous êtes en train de lire ce média. D'une certaine façon c'est aussi une forme d'enagegement, n'est-ce pas ?

Traduit par Filomena De Riso