Culture

Voyage : j’ai testé pour vous « randonner en Israël »

Article publié le 28 juillet 2009
Article publié le 28 juillet 2009
Un chemin de grande randonnée a été créé en 1991 pour permettre aux touristes, aux marcheurs et aux Chrétiens de visiter, à pied, les sites les plus beaux et les plus emblématiques de la Bible. Mais des bars gays de Tel Aviv au désert de Judée, il n’y a qu’un pas…

(Yoav Fridman)Israël est un petit pays. A vol d’oiseau, il ne représente que 470 kilomètres d’un bout à l’autre et une confortable journée de voiture. Cependant, en raison de sa situation géographique, il bénéficie de zones aux climats différents correspondant à des paysages variés, et paraît donc plus grand qu’il ne l’est en réalité. C’est dans ce décor qu’est née l’idée d’un sentier de randonnées de 940 kilomètres : l’Israeli national trail (INT) a été officiellement balisé en 1991. Il est emprunté durant le printemps et l’automne, des saisons souvent recommandées pour la marche. Environ 10 000 personnes l’ont entièrement parcouru, et plus encore n’en ont foulé qu’une partie.

Ne jouez pas à Jésus

Les créateurs de l’INT ont imaginé un sentier qui raconterait l’histoire d’Israël depuis l’époque de la bible jusqu’à nos jours. Le chemin passe de fait par de nombreux sites ayant une signification spéciale à la fois pour les Israéliens et pour ceux qui ont porté l’histoire du territoire d’Israël dans leur cœur : chrétiens, musulmans, juifs, pèlerins et chasseurs d’aventure. Les sites majeurs qui jalonnent le sentier racontent des histoires bibliques qui s’y sont déroulées. Par exemple la vallée d’Elah où David combattit Goliath ou les champs où Samson joua avec des lions près de Zor’a.

Le Nord, le Centre (la partie la plus habitée avec les villes de l’Ouest) et le Sud : trois tronçons sont praticables. Commencer par le Nord représente également un point de démarrage facile et confortable : il s’agit d’une randonnée tranquille le long d’un sentier où il y a beaucoup d’histoires, de personnes de religions différentes et aussi de touristes qui tentent pour rire de marcher sur l’eau.

Du Nord au Sud, d’un lieu à l’autre

Les antiques monuments romains du parcours (théâtres, routes, réseaux de distribution de l’eau et aqueducs) évoquent la vie des anciens résidents. Les châteaux, fortifications et forteresses qui ont été construits par les victorieux croisés à l’époque médiévale, et que l’on voit principalement dans les parties du chemin situées au Nord, sont particulièrement impressionnantes.

Tel-Aviv représente une halte rafraîchissante et insolite : plages, ambiance jeune, gay, détendue. La ville offre des fêtes 24 h sur 24 h et des rues bordées de bars et de cafés ouverts à toute heure. Vous voilà prêt à aborder la plaine basse d’Israël, théâtre de scènes bibliques. De là vous commencerez la randonnée vers Jérusalem, où pour finir vous verrez et comprendrez ce dont tout le monde parle : le mur occidental, la mosquée al-Aksa et l’église de la nativité.

Houmous en plein désert

(Yoav Friedman)Après avoir mangé assez d’houmous, continuez à vous diriger vers le Sud. Son histoire est murmurée par le vent du désert ; les régions désertiques représentent la plupart du territoire d’Israël, régions qui sont également divisées en plusieurs parties. L’INT traverse la majorité d’entre elles, apprenant aux voyageurs citadins une courte leçon sur le pouvoir de la nature.

La mer Morte se trouve dans la partie Est du désert de Judée, le berceau du christianisme. Le temps froid des hauteurs de Jérusalem va rapidement devenir sec et chaud, comme une salutation de bienvenue pour l’entrée dans le désert. Ensuite, vous atteignez le Néguev, le plus grand désert d’Israël. Là vous verrez les Machteshim, deux grands cratères naturels. Du Néguev, vous passez à l’Arava et les mines du roi Salomon, un désert isolé et très peu peuplé qui conduit à Eilat. Juste avant d’arriver à Eilat, au sommet de la montagne Zfahot, vous remarquerez tout à coup qu’au milieu du désert surgit la mer Rouge.

« Les anges de l’INT »

L’INT est aussi une expérience sociale particulière ; le long du chemin, les « anges de l’INT », les habitants des villages alentours, aident les randonneurs dans tous leurs besoins, que ce soit pour de la nourriture, de l’eau, ou un abri pour la nuit. C’est généralement gratuit, mais cela peut s’accompagner d’un prix symbolique d’environ 30 ou 40 nis (le New Israeli Shekels, 5 nis équivaut à 1 euros). Les « anges de l’INT » sont pour la plupart des fermiers vivant dans les kibboutzim, une forme unique de collectivité qui croit en l’égalité ou en des communautés isolées dans les déserts. Le manque de pluie et les nuits chaudes font que vous pouvez dormir sans problème dehors ou sous la tente. A n’importe quelle étape du trajet, vous pouvez arrêter et retourner à Tel-Aviv en quelques heures en utilisant les transports publics ; la petite taille d’Israël rend tout assez proche. Quelques parcs nationaux font payer l’entrée, à environ 15 nis. Vous n’aurez à payer que la nourriture et les boissons. Ne craignez pas de vous retrouver seul : il existe de nombreux réseaux sociaux dans lesquels vous pouvez trouver des compagnons de voyage.

Plus d’informations sur le forum de l’INT sur israelnationaltrail.com.