Culture

Vous avez bien reçu votre ‘homme vintage’ n ° 458

Article publié le 22 octobre 2007
Publié dans le magazine
Article publié le 22 octobre 2007
Pas forcément beaux, mais élégants en diable. Ni machos à la moquette pectorale, ni métrosexuels en quête de féminité. Tour d’horizon de cinq mâles « vintage » made in Europe.

'Vintage’. A l’origine, un anglicisme issu de l’œnologie pour qualifier les grands crus. Récupéré par les faiseurs de tendances, le terme s'applique depuis les vêtements anciens des créateurs prestigieux reflétant une authenticité, un esprit, une époque bien précise. Concernant le 'sexe fort', il désigne un individu griffé et unique, qui, cerise sur le gateau, se bonifie avec l’âge. A savourer sans clichés !

Daniel Craig, craquant fish and chips

Quiconque dit ‘vintage’ pense à Londres, ses autobus à impériale, ses imprimés Prince de Galles et ses stars sooo british, à l’instar de Daniel Craig. La prunelle est bleue limpide, le torse glabre, le port du smoking irréprochable. Après avoir enchaîné les films indépendants, dont un biopic sur Francis Bacon, il incarne, dans 'Munich' (2005) de Spielberg, un agent des services secrets israéliens. Un rôle pour lequel il doit porter, pattes d’éph et pull à col roulé ultra moulants, sans oublier les indispensables rouflaquettes. D’émissaire du Mossad, il est promu en 2006 agent secret de Sa Majesté. L’annonce de sa nomination en James Bond, à l’époque, déchaînera les polémiques… mais la gent féminine, qui n’est pas puriste pour un sou, trouve qu’en smoking ou en jeans « effet seconde peau », l’acteur anglais est toujours aussi classe.

Daniel Cohn-Bendit, politiquement incorrect

A 23 ans seulement, il est ‘Dany le Rouge’, charismatique leader du mouvement de mai 68 et incarnation de ‘l’anti-tout’. Cette grande gueule se heurte au Grand Charles, qui l’expédie illico se mettre au vert outre-Rhin. Ancien rouge qui passe par l’expérience communautaire et alternative, Cohn-Bendit finit par adhérer au mouvement écologiste allemand dès 1984. Une conversion réussie : Dany est entré dans l’ère du réformisme et s’est calmé- les mauvaises langues diront qu’il s’est embourgeoisé-, sans perdre de sa gouaille. Eurodéputé, farouche défenseur d’une Europe intégrée, il tient tête en 2005 à toute l’extrême gauche française, partisane du « non » au projet de traité constitutionnel européen. Aujourd’hui, sa tignasse rousse est poivre et sel, accompagnée d’une petite bedaine. Mais en pantalon de velours côtelé et en chemise bleue, à bicyclette dans les rues de Francfort, son charisme n’a pas pris une ride et il reste un esprit libre.

Christophe Miossec, le marin-chanteur cabossé

La trentaine à peine engagée, il ressemblait déjà à un vieux loup de mer brestois. Longtemps, il a roulé sa bosse avec son groupe de rock, 'Printemps Noir', et écumé les troquets finistériens. Visage buriné par les embruns, menton qui pique, cheveu gras, haleine douteuse et clope au bec : bonjour la mélancolie et les textes crus et désabusés. En fait, Miossec est un concentré de tendresse, de timidité et de pudeur. Après 'Boire' et 'Baiser', son dernier album, 'l’Etreinte' semble être l’album d’un quadra épanoui par la paternité et la vie de couple, et pas celui d’un trentenaire célibataire endurci. Il a choisi de quitter son Finistère natal et de s’installer dans la cosmopolite Bruxelles pour suivre sa dulcinée, flamande d’origine. Aujourd’hui, Miossec avoue apprécier sa vie d’homme au foyer et les balades à vélo.

Daniel Brühl, mignon Teuton

A 29 ans seulement, l’acteur mi-allemand, mi-catalan, collectionne les prix de cinéma. Son créneau : les films d’auteus polico-historiques, comme ‘Good By Lenin’, dans lequel il joue un Allemand de l’Est « ostalgique », ou ‘Parfum d’absinthe’, où il incarne un aristocrate membre d’un club de suicide dans les années 20. Il a aussi incarné Salvador Puig Antich, un militant du mouvement ibérique de libération sous l’Espagne franquiste. Certes, Daniel Brühl n’est ni bronzé, ni musclé, il ose même porter des jeans difformes, des baskets ou des hauts de jogging Adidas vert pomme. Mais il est polyglotte, sensible et modeste. Et c’est déjà pas mal.

Damon Albarn, rocker au coeur tendre

Petit, Damon Albarn écoute de la musique classique, joue piano et violon, vit dans une belle bâtisse londonienne de style victorien. Ado dans les années 1980, il se gave de groupes de punk-rock comme Madness et se fait percer l’oreille. Dans les années 90, le voilà leader du groupe de britpop Blur, fondé avec d’anciens camarades de lycée. Evidemment, Damon se drogue, joue les petites cons et arbore une coupe de cheveux à la Beatles. Après les traditionnelles mises à sac de chambres d’hôtel ou les bitures, Damon se reprend, mieux, se recycle, en allant chercher ses influences musicales dans le rap, le classique ou la world music. Il créée Gorillaz, et The Bad, the Good and The Queen et monté son opéra pop 'Monkey, Journey to the West'. Aujourd’hui, avec compagne et enfant, il vit dans le très branché quartier de Notting Hill et a même monté une comédie musicale. Pour couronner, il a récemment été élu comme l’un des végétariens les plus sexy du moment par la PETA, association de protection des animaux.

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