Culture

Université de Londres : l'enfer, c'est les autres

Article publié le 4 septembre 2012
Article publié le 4 septembre 2012
En 2011, le bureau central a freiné l’admission des étudiants non-européens de 25% d’ici 2015. Le 29 août, l’agence britannique de contrôle des frontières annonçait que l’Université de Londres avait perdu son droit d’attribuer des visas étudiants. Voici donc la dernière initiative prise par le gouvernement britannique pour réduire le nombre d’immigrants étudiants.

Plus de 2000 étudiants non-européens qui étudient à la London Metropolitan University (LMU) disposent de 60 jours pour trouver le parrainage d’une autre institution – ou ce sera l’expulsion. L’agence britannique de contrôle des frontières affirme que l’assiduité en cours des étudiants n’est pas surveillée et que beaucoup d’entre eux n’ont pas le droit d’être au Royaume-Uni. Pourquoi ne pas suivre de plus près les futurs visas plutôt que d’expulser des étudiants à mi-parcours qui ont déjà dépensé des milliers en frais de scolarité ? « C’est l’affaire de la gauche de ne pas savoir ce que la droite est en train de faire », répond un américain diplômé de l’université d’Édimbourg.

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En avril, le programme de permis de travail post-étude, selon lequel les diplômés internationaux des universités du Royaume-Uni pourraient rester dans le pays pendant un an avant de rentrer ou demander un permis de travail, a également été fermé. Le Parlement s’est empressé de présenter les changements dans les processus d’obtention de visas en toute discrétion afin d’empêcher les contestations. Les changements fréquents des lois sur le visa étudiant sèment sérieusement la pagaille chez les étudiants, les forçant à passer des heures à faire face à la bureaucratie plutôt que de se concentrer sur les examens et dossiers. Ils empêchent également toute loi d'être effective. Bref, c’est confus.

Si le gouvernement veut réduire le nombre d'étudiants étrangers au Royaume-Uni, il devrait fournir un financement adéquat pour les universités. De nombreuses universités ont accepté un nombre croissant d'étudiants non-européens pour compenser un manque de fonds, les frais payés par les étudiants étrangers sont considérablement plus élevés que ceux des étudiants nationaux et européens. Le gouvernement doit aussi arrêter de se plier aux craintes des tabloïds étrangers concernant les extra-communautaires. « Nous avons le cas d'étudiants britanniques hautement qualifiés qui sont également allés à l'étranger pour travailler et étudier, donc les gens qui ne sont pas très qualifiés sont ceux qui restent et ceux qui veulent rester, sont sommés de partir », ajoute ce diplômé américain anonyme. La plupart de ces jeunes sont hautement compétents et très instruits et rapporte environ 5 milliards de livres par an  à l'économie britannique, dont la population est déjà vieillissante. L'ironie, c'est que ceux qui choisissent de rester après l’obtention du diplôme ont l'intention d’apporter leur contribution à la société britannique, souvent avec plus d’enthousiasme que le britannique moyen.

Photos : (cc) devastar/ in-text (cc) Whiskeygonebad/ flickr