Culture

The Brussels business : la lubie des lobbys

Article publié le 27 novembre 2012
Article publié le 27 novembre 2012
Un reportage – élégant – visant à mettre un terme au flou qui entoure le lobbying européen est actuellement diffusé en Europe. Le film suit les activités d’un lobbyiste du Corporate Europe Observatory. Cependant aucun abus n’est révélé.

Le lobbying est une activité de l’ombre. Un film, sorti en 2012, The Brussels Business – Who Runs The European Union ? visait justement à mettre en lumière la question. Pour ceux qui vivent en dehors de cette bulle bruxelloise, c’est un film très attendu dont ils espèrent des révélations. Pour ceux de l’intérieur, ce film n’apporte rien de nouveau ou de révolutionnaire, c’est juste beaucoup de bruits pour rien.

Bon lobby, mauvais lobby

68% des groupes de lobbys à Bruxelles suivent les affaires, et 1-2% le commerce, selon le chercheur Dieter Plehwe. Le film suit à la fois un « bon » lobbyiste en activité et la genèse du Corporate Europe Observatory dont le bien-fondé serait celui de révéler au grand jour le manque de transparence dans la pratique du lobbying à Bruxelles. En percevant, par exemple, la façon dont les activités croissantes de lobbying auraient affecté les procédures de législation européennes. C’est peut-être là où le film aurait dû creuser, afin de plonger dans les investigations, et les pratiques douteuses. A la place, il essaye d’expliquer comment l’Europe réagit face au réseau de lobbyistes de plus en plus grand en publiant un registre de transparence décevant.

Les deux metteurs en scène, Friedrich Moser et Matthieu Lietaert, deux anciens lobbyistes, utilisent un style élégant donnant à Bruxelles un air de Gotham City. Pendant la première, mi-avril, un ancien représentant de la Commission européenne a pris la parole au cours du débat qui a suivi. Ce dernier a notamment proclamait qu’il aurait aimé que son travail soit aussi sexy que ça en a l’air. La réalité sur la manière dont la Commission européenne et les lobbyistes travaillent n’est pas dévoilée dans ce film, et évite d’explorer ce que beaucoup de groupes pro-transparence appellent les pires délinquants - les groupes qui ont gagnés le prix des « pires lobbyistes » pour avoir été les moins transparents et pour lesquels une investigation est actuellement en cours.

Le documentaire manquent cruellement de matériel visuel brut et repose sur des décors bien filmés et des reconstitutions

D’un point de vu purement cinématographique, ce documentaire manquent cruellement de matériel visuel brut et repose sur des décors bien filmés et des reconstitutions qui remettent en cause la crédibilité dans cet établissement de la vérité. Le film repose sur une grosse spéculation. C’est le défaut de tout documentaire qui ne s’intéresse pas à une activité d’un point de vue actuel mais d’une perspective historique. Après, le film accomplit son objectif premier à savoir éveiller l’intérêt sur un sujet encore inexploré. Les réalisateurs feront la promotion du film et mettront en place des débats à travers l’Europe, dans le cadre d’un vaste projet visant à faire s’exprimer les gens sur ce sujet. Mais c’est tout.

Photos © courtoisie de TheBrusselsBusinessMovie/ page facebook officielle