Culture

Sieste crapuleuse

Article publié le 20 février 2007
Article publié le 20 février 2007

Fin du déjeûner : les aliments ingérés amorcent leur lente descente vers l’estomac. En fonction des pays, on mange un sandwich sur le pouce ou l’on rentre chez soi pour faire un bon déjeuner. Quelque soit la formule choisie, une petite sieste pour favoriser la digestion devient alors la panacée. Le mot « sieste » vient de l’expression latine « hora sexta », qui désigne la tranche horaire de la mi-journée comprise entre 12h et 15h. Toute l’Europe connaît la ‘siesta’ espagnole à travers la formule magique du touriste en goguette dans la péninsule ibérique : « sol + sangría + playa = siesta » [soleil + sangria + plage = sieste].

Les médecins recommandent de ne pas dormir plus de 20 minutes, le temps suffisant pour détendre l’organisme et faire le plein d’énergie pour le reste de la journée. Mais à notre époque surbookée, qui aujourd’hui a encore le temps de faire une sieste ? Les personnes âgées et les jeunes enfants sont familières de cette « mittagschlaf » [sieste de midi], répondent les Allemands. Au Royaume-Uni, de nombreuses entreprises recommandent le « power-nap » à leurs employés. Résultat : les cadres supérieurs londoniens ont l’habitude de dormir tristement sur leurs bureaux. Pour un Espagnol, quel scandale ! La sieste, ça se fait sur un canapé, confortablement installé devant le journal télévisé.

Quant aux Français, ils connaissent aussi la sieste classique, mais avec leur coquetterie habituelle, lui préfèrent la ‘sieste crapuleuse’ en galante compagnie. Qui pourrait les en blâmer ? Ce qui est clair, c’est que se délasser plus de 20 minutes, à moins qu’il ne s’agisse d’une pause érotique, ce n’est plus faire la sieste mais fainéanter. Car comme le disait Samuel Beckett : « aucune passion n’est plus puissante que la passion pour la paresse ».