Culture

Saint-Valentin : le guide sans complexe de la masturbation 

Article publié le 15 février 2017
Article publié le 15 février 2017

C'est connu, la Saint-Valentin est cruelle. Alors ayez donc une petite pensée pour vos amis célibataires. Pendant que certains s'embrasseront ou partageront des moments intimes à deux, d'autres devront se contenter d'une boîte de Kleenex et d'un best-of de Céline Dion. Heureusement, les plaisirs solitaires sont encore des plaisirs tout court.

Parlons entre adultes : tout le  monde se masturbe. C'est une pratique tout à fait saine, même s'il est parfois touchy d'aborder la question de manière si directe. Heureusement, presque toutes les langues ont leur propre code pour la signifier. Certaines expressions sont mêmes des bijoux de surréalisme.

Quand il s'agit de masturbation, certaines tendances transcendent les langues. La masturbation, masculine en particulier, semble même recouvrir une certaine histoire de la violence. Les Anglais parlent « d'étrangler l'évêque » (« choking the bishop »), alors que les Allemands, eux, « étranglent Jürgen » (Jürgen würgen). Beaucoup d'expressions polonaises - normalement employées pour signifier que l'on « se bat les couilles en neige » - insistent sur la volonté de frapper quelque chose : qu'il s'agisse d'un cheval - « walić konia » - ou du casque d'un soldat allemand - « walić szkopa po kasku ». Plus étrange encore, le pays au 99% de catholiques parle de « de battre un moine » - « trzepać kapucyna ». Plus raisonnablement, gageons que le capucin (kapucynka) est aussi une espèce de singe. Tout cela pourrait donc être liée à une expression anglaise assez courante : « spanking the monkey » (« fesser le singe »).

Sans surprise, les Français pensent souvent à la nourriture quand ils s'enferment dans la salle de bain.  On se « touche la nouille »on se « chatouille le poireau ». Les Italiens, quant à eux, bricolent. Probablement non sans mal, on « utilise une scie » - « farsi una sega » ou « on se polit le manche » - « ludicere il manico ». En Espagne, on convoque des gens - comme ce pauvre Jürgen qui n'a rien demandé - en signalant que l'on « se fait une Manuela » - « hacerse una Manuela ».

Malheureusement, l'omerta qui plane autour la masturbation féminine paupérise les expressions linguistiques. Il existe cependant des façons d'en parler - les Suèdois ont ainsi inventé le délicieux « klittra » : mélange de clitoris et de paillettes. En Italien, on parle de « ditalino », ce qui semble presque onomatopéique. Re-parlons entre adultes : on utilise bien ses doigts. Les Anglaises disent « titiller le haricot » (« flicking the bean »), alors que les Allemandes « polissent la perle » (« sich die Perle putzen »).

Si vous êtes seul(e) ce soir, il ne reste plus qu'à vous mettre à l'aise et penser à l'Angleterre, à la Pologne, à la bouffe. Ou à Manuela.