Culture

Pour un candidat europhile ?

Article publié le 31 janvier 2008
Article publié le 31 janvier 2008
Après sept ans de Bush dans le bureau ovale, les relations transatlantiques sont au point mort. Petite revue des politiques étrangères envisagées par chacun des candidats.

Pour la première fois depuis 1928, ni le président sortant, ni son vice-président ne brigueront la magistrature suprême aux États-Unis. Naturellement, un nombre de candidats impressionnant se sont lancés dans la course. Et bien que Clinton et Mc Cain arrivent en tête dans les sondages, le système imprévisible des Primaires ne permet pas encore de se prononcer sur le nom des deux finalistes...

Néanmoins, en ce qui concerne les relations transatlantiques à venir, plusieurs scénarios se profilent déjà : l’arrivée d’un nouvel occupant à la Maison Blanche mettra sans doute fin aux relations extrêmement tendues qui ont marqué la période 2001-2008. Plusieurs changements sont à prévoir : le retour de la France aux manettes de l’Otan, l’engagement accru en Afghanistan (et peut-être même en Irak) et une nouvelle stratégie pour faire face au changement climatique.

Atlantique contre pacifique

En matière diplomatique, une victoire d'Hillary Clinton verrait s'installer à nouveau une sorte de status quo. Comme à l'époque de son époux, on verrait réapparaître des spécialistes des relations transatlantiques dans les couloirs de la maison blanche. Des conseillers à qui ces questions sont familières tels que Madeleine Albright, ancienne secrétaire des Affaires extérieures ou Richard Holbroke, ancien ambassadeur US en Allemagne et aux Nations-Unis.

Toutefois, les relations étrangères américaines pourraient aussi se tourner vers l'océan Pacifique, ce qui pousserait l’Europe à se concentrer de plus en plus sur ses proches voisins, face à une Amérique retranchée dans l’isolationnisme. Cette dernière éventualité est à craindre si les Républicains continuent leur séjour à la Maison Blanche. Après un état de grâce, cette politique pourrait fort bien être celle du candidat Obama s'il est élu malgré ses déclarations favorables au multilatéralisme. En effet, et même s'il affirme ses choix, un président américain peut toujours changer sa stratégie à cause d'impératifs de politique intérieure.

Obama gaffe à l'internationale

Le manque d’expérience du candidat Obama en la matière lui a déjà fait commettre quelques gaffes retentissantes durant la campagne. Comme cette déclaration dans laquelle il promet d’envahir le Pakistan si Musharaff ne se résout pas à agir, ou celle où il s'annonce prêt à négocier à la même table que les mollahs d’Iran.

Une rupture transatlantique est donc toujours envisageable. De tous les candidats du parti républicain, Mc Cain est le plus apte à établir un dialogue constructif avec les Atlantistes tels que Sarkozy, Brown ou Merkel. Bien qu'il se soit souvent opposé à son propre camp à propos de politique extérieure, durant sa carrière au Sénat, les Européens ne doivent cependant pas attendre des miracles de Mc Cain s'il devient locataire de la Maison Blanche.

De son côté, Rudolph Giuliani, le troisième candidat en lice, est le plus en phase avec la politique de Bush. Son conseiller en politique extérieure n’est autre que le très conservateur Norman Podhoretz qui voit dans les attaques terroristes du 11 Septembre 2001, le commencement de la 4ème Guerre mondiale comme il l'écrit dans son livre World War IV : The long struggle against islamo-fascism ( La longue lutte contre l’islamo-fascisme). En juin 2007, il se disait également favorable à un bombardement de l’Iran.

Les démocrates n'ont pas encore gagné

On a beau miser en Europe sur une victoire démocrate, celle-ci n’est pas encore acquise ! Pablo Pardo, le correspondant de El mundo à Washington remarque que si, grande gagnante des Primaires, Clinton se retrouve en finale face à Mc Cain, il y a de grandes chances que ce dernier l’emporte. Hillary Clinton n'est en effet pas très appréciée par la base des Républicains et n’est pas non plus adulée par les Indépendants.

Quoiqu’il en soit, même un président démocrate devra subir de fortes pressions intérieures pour ne pas céder un pouce de terrain a ses partenaires sur des questions comme le commerce international, les réductions des émissions de gaz à effet de serre ou le soutien à certains des alliés des États-Unis parmi lesquels : Israël. Dans l’édition du 23 janvier du Financial Times, Philip Stephens observe que l'Europe, dans son intérêt grandissant pour une Amérique multilatéraliste, n'influencera Washington dans l’exercice de son leadership que si elle-même démontre sa capacité à exercer correctement le sien.

'J'espère et je prie pour que nous bombardions les Iraniens' - Norman Podhoretz s'adresse à la télé américaine

Photo et video: (contentions/ Youtube)

Photos: Un blogger de Youtube se moque d'Obama après sa sortie sur le Pakistan (BeyondtheNews/ Youtube)