Culture

Paco de Lucía : les bonnes choses ont une fin

Article publié le 26 février 2014
Article publié le 26 février 2014

Paco de Lucia, le maître in­con­testé de la gui­tare fla­menco, est mort hier à Can­cun des suites d’un ma­laise car­diaque. Si la lé­gende née le 21 dé­cembre 1947 à Al­gé­ri­sas  (Es­pagne), est mort sur la plage au­près de ses en­fants c’est qu’il n’a pas cessé de cé­lé­brer la vie et les bonnes choses, selon notre jour­na­liste es­pa­gnol.

Les chansons de Paco de Lucia évoquaient tantôt la promenade du dimanche, le soleil, les terrasses, la bière et les amis. Autant de bonnes choses qu’il donnait à entendre aussi bien à Madrid, qu’à Algésiras ou à la Nouvelle-Orléans. Grattant somptueusement un mélange de flamenco et de jazz, de Lucia racontait que la musique n’a pas de frontières, qu’elle vous prend direct au cœur, qu’elle est capable de vous arracher un sourire et de vous agiter, ici et là. Avec six cordes, Paco vous faisait voir le monde. « Vous dites que je suis une légende de la guitare. Mais vous n’avez pas idée. Il y a seulement deux ou trois guitaristes dans le monde qui peuvent être considérés comme tels. Et le premier d’entre eux, c’est Paco de Lucia ». Ainsi parlait Keith Richards. Amen.

Paco de Lucia - Entre dos aguas

Paco de Lucia avait fait vœu d’allégeance à la musique. Il serait facile de tenir la liste des exploits commis par un héros disparu. Il serait facile de louer tout ce qu’il a fait pour le flamenco, plaçant ainsi l’Espagne sur la carte du monde de la musique. Mais sérieusement, pensez-vous qu’un génie pourrait être enfermé sur une carte ?

Je préfère me laisser aller entre les cordes, pour battre la mesure, en fermant les yeux. Je suppose même qu’il préfèrerait cela aux honneurs. Car aujourd’hui, nous sommes un peu plus seuls, et le monde un peu moins bien. Mais souvenez-vous que chaque fois qu’un rayon de soleil jaillira d’un dimanche après-midi, Paco de Lucia retentira. Parce que les bonnes choses ne meurent jamais.