Culture

Les technologies au service d’une mode plus éthique

Article publié le 26 octobre 2009
Article publié le 26 octobre 2009
En 2030, nous porterons peut-être des habits qui s’adapteront à la température ambiante, préviendront les rhumes, et respecteront notre peau et notre bien-être. La révolution est déjà en marche...

« Cette tendance sera durable quand les consommateurs sauront distinguer les produits vraiment verts des autres »

« Les créateurs de vêtements sont des météorologues qui prédisent ce dont les gens auront besoin et leur proposent des vêtements pour les protéger ou simplement les amuser. C’est ce qui rend le monde de la mode si fascinant », écrit Terry Jones, le directeur créatif et rédacteur en chef du magazine i-D dans la préface du livre Fashion Now. Dans les principales capitales européennes, l’automne est l’époque des « fashion weeks », les semaines de la mode. Les grands créateurs y dictent les nouvelles tendances pour la saison à venir dans le reste du monde. Et avec l’urgence du réchauffement climatique, le mot « saison » prend une nouvelle signification. La dégradation de l’environnement et les hivers plus doux sont des phénomènes identifiés et perceptibles au quotidien. Les créateurs contemporains prennent-ils cela en compte ? 

Vrais changements ou gros caprices

(uneteenautomne.com/fr/index.html)Marie Schlumberger est fondatrice de la marque française Un été en automne. Elle s’est perfectionnée chez Sonia Rykiel et Yves Saint Laurent. Selon elle, « les changements climatiques commencent à se faire ressentir, mais la disparition des saisons n'est pas imminente. » Sa « maison » s’inscrit pourtant dans le « bio éthique », une attitude de plus en plus courante dans le milieu de la mode. Pour Marie, il est important de collaborer avec un atelier indien qui produit un coton bio et qui est respectueux des droits de l’homme au travail et de l’égalité des salaires entre hommes et femmes. En octobre, sa marque était représentée à l’Ethical Fashion Show (le Salon de la mode éthique) de Paris.

« Les changements climatiques commencent à se faire ressentir, mais la disparition des saisons n'est pas imminente »

En Europe, comme dans le monde entier, ses fabricants des fringues écolos et éthiques poussent comme des champignons. Parfois, ce sont de nouveaux designers mais certaines marques sont engagées dans ce domaine depuis longtemps. C’est le cas notamment de Continental Clothing, une entreprise britannique qui s’interroge sur sa responsabilité sociale et environnementale depuis 1994. Cette marque propose des habits « positifs pour la Terre » et appose des logos comme celui de l’« Environmental justice foundation » sur toutes les photos disponibles sur son site Internet. Et tout le monde s’y met : vous voulez protéger la nature en Irlande, France ou Pologne ? Alors les étiquettes Edun, fondé par Ali Hewson et Bono, Jeans Nu et The Earth Collection, sont pour vous.

(ethicalfashionshow.com/efs1/)

Mais attention à l’ethno-mode, ce phénomène que décrivent avec ironie Martine Moriconi et Catherine George- Hoyau, les auteurs du « Dictionnaire de la mode contemporaine » (édition Minerva -1998) : « Trois créateurs passent leur vacances au Sénégal, au Japon et au Népal... » Et voilà de nouvelles inspirations du bout du monde qui débarquent en Europe. 

Nanotechnologie 

http://www.human.cornell.edu/bio.cfm?netid=jh433« Cette tendance sera durable quand les consommateurs sauront distinguer les produits vraiment verts et responsables, des autres produits », estime lui Juan Hinestroza, un professeur et assistant du département de la « Fiber Science and Apparel Design » à l’Université Cornell aux Etats-Unis. Hinestroza imagine l’avenir de l’industrie de la mode avec beaucoup d’idées novatrices, comme des vêtements qui préviennent les rhumes et détruisent les gaz nocifs présents dans l’air grâce à l’assemblage des fibres en coton avec des nanoparticules. « Les nouvelles technologies permettent d’imaginer des tissus électroniques ou des vêtements sensibles. Les nanotechnologies offrent une grande fonctionnalité pour une quantité minimale de matériaux considérés comme verts », poursuit-t-il. Déjà, monsieur le professeur prévoit, dans un avenir proche, que ces nanotechnologies permettront de coloriser les habits sans utiliser de teinture…