Culture

La thérapie Fauve≠

Article publié le 7 août 2014
Article publié le 7 août 2014

Fauve≠ a clôturé sa tournée 2014 au festival Esperanzah en Belgique. Cafébabel a rencontré trois membres de ce collectif à « géométrie variable ». Gros plan sur les origines et la démarche de ce groupe parisien qui a pris de l’ampleur ces dernières années.

L’histoire commence il y a quatre ans. Des vieux frères se retrouvent après leur boulot pour écrire des textes, faire de la musique, coller des images… « Ça nous défoulait, et on passait du temps ensemble. Puis on a commencé en mettant une vidéo sur Youtube, une deuxième, une troisième… »

« Au bout d’un moment, on s’est dit "c’est maintenant ou jamais". Il faut faire cette parenthèse dans notre vie, comme ceux qui partent faire le tour du monde. » Le collectif décide alors de sortir « Blizzard » en mai 2013, leur premier EP (format entre un single et un album). Ils sortent ensuite leur premier album « Vieux frères » début 2014. Un mois après, plus de 50 000 exemplaires ont déjà été écoulés…

Démarche thérapeutique

La démarche de Fauve≠ est simple : les membres parlent de leur histoire « invraisemblable et un peu surréaliste ». Ils utilisent entre autres la musique et les vidéos comme « un défouloir, un exutoire ». « On a une démarche thérapeutique. Aux débuts de Fauve, c’était une période durant laquelle certains d’entre nous n’allaient pas forcément très bien. […]Nous avions juste le besoin de figer toutes les choses qui se passaient dans nos vies, comme un journal de bord. »

Les Parisiens ne se limitent toutefois pas à évoquer les côtés sombres de leur vie comme ce fût principalement le cas lors de leur premier EP. On peut déjà remarquer certaines notes plus positives sur leur dernier album, notamment dans la chanson « Zoé ». « De la même manière que l’on va exorciser les angoisses, les frustrations et les peines, on va commencer à écrire sur les choses positives pour sacraliser les belles choses. »

Collectif multidisciplinaire

Fauve≠ ne veut pas se qualifier en tant que « groupe de musique » pour la simple et bonne raison qu'ils ne font « pas que de la musique ». Le collectif comprend entre autres des vidéastes, des comédiens, des photographes et des paroliers. « Le côté pluridisciplinaire est hyper important pour nous. » Même si cinq personnes se trouvent sur scène (trois musiciens, un chanteur et un vidéaste), une nébuleuse d’une vingtaine de personnes gravite autour du projet. Ces contributeurs sont des amis et des gens de leur entourage qui leur prêtent main forte.

Lors de leur concert dans la cour de l’Abbaye de Floreffe, les festivaliers ont pu s’en mettre plein la vue et les oreilles grâce aux montages vidéo et au concert du groupe parisien.

Francophones et anti-VIP

Le collectif a effectué 150 concerts ces deux dernières années. Les membres de Fauve≠ ne choisissent pas vraiment les endroits où ils se produisent : « Un tourneur nous propose […] et 90 % du temps, on accepte, car on aime partir en tournée ».

En revanche, les Français ont quand même certains critères quand il s’agit d’accepter ou non l’endroit pour aller se produire. « Les évènements hyper "hype" ou branchés, ça nous convient pas. On n’aime pas non plus les concerts privés. On n’aime pas trop les shows VIP. Si on nous proposait par exemple d’aller jouer à Cannes, on n’aurait pas envie. »

Fauve≠ s'est surtout produit dans l’Hexagone. Ils ont également joué dans différents pays francophones, comme la Belgique (6 fois), la Suisse (6 fois) et le Canada (3 fois). « Clairement, ça nous fait plaisir d’aller dans des pays francophones, car les gens comprennent ce qu’on dit et c’est qu’ils adhèrent plus ou moins à ce qu’on fait. Mais on n’a aucune velléité ou volonté de conquête. On ne va pas se dire "on va aller à l’assaut de l’Amérique" ».

« Si Fauve marchait en Allemagne ou en Angleterre, ce serait pour des mauvaises raisons. On serait un groupe frenchie un peu hype et peu marrant. »

Interrogé par cafébabel sur la suite de leur programme après cette tournée, les membres de Fauve≠ vont « récupérer une vie sociale […] dans l’idée de renourrir les esprits ». Au programme : après une pause, ils comptent se pencher sur la réalisation d’un deuxième album à partir de septembre ou d’octobre. Affaire à suivre…

Rendez-vous sur la page officielle du groupe.

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