Culture

La procrastination, l'indolent idiome

Article publié le 15 février 2013
Article publié le 15 février 2013
La procrastination est voleuse de temps, soupirent les Britanniques, empruntant cette expression au poète du 17ème siècle Edward Young, tout en surfant sur Facebook et en se préparant une nouvelle tasse de thé dans le but de retarder le moment de se mettre au travail.
Heureusement, nous ne sommes pas la seule nation qui ait tendance à tout remettre au lendemain, ce qui donne lieu à toute une palette d’expressions idiomatiques pour désigner les indolents.

Les expressions allemandes illustrent une certaine ambivalence : d’un côté on apprécie la délicieuse oisiveté (« das süße Nichtstun »), de l’autre on condamne cette maladie de tout reporter au lendemain (« Aufschieberitis »). De manière assez positive pourtant, ils affirment que reporter n’est pas abandonner (« Aufgeschoben ist nicht aufgehoben ») et vantent les bénéfices ponctuels de savourer un moment de tranquillité grâce à l’âme qui vagabonde (« die Seele baumeln lassen »).

Les Grecs décrivent le procrastinateur comme une personne passant son temps à essayer de tuer les mouches (« βαράω μύγες »), faisant vraisemblablement référence aux longues journées ensoleillées où il n’y a rien à faire. Beaucoup moins bienvenue dans les conversations formelles, l’expression je me les gratte (« Τα ξύνω ») a son équivalent en espagnol pour désigner ceux qui reportent une action tout en se touchant les couillestocarse las pelotas »).

Les Italiens nous invitent sagement à ne pas reporter à demain ce qui peut être fait aujourd’hui (« non rimandare a domani quello che puoi fare oggi »), pensée qu’on peut retrouver en allemand (« was du heute kannst besorgen, das verschiebe nicht auf morgen »), en espagnol (« no dejes para mañana lo que puedas hacer hoy ») et en polonais (« Co masz zrobić dziś, zrób jutro »). Cette langue nous livre une expression que tous les procrastinateurs peuvent reprendre à leur compte : le travail n’est pas un lièvre, il ne va pas s’échapper (« Praca nie zając, nie ucieknie »).

Photos : Une (cc) bandita/ flickr; Texte : courtoisie de © Henning Studte