Culture

La playlist « bal masqué »

Article publié le 20 février 2015
Article publié le 20 février 2015

L'heure est au Carnaval. Certains l'aiment, d'autres le fuient. Pourquoi les groupes européens portent-ils aussi des masques hors saison « Helau et Alaaf » ? Voici la playlist de la semaine.

Erich Lesovsky, Allemagne

Erich Le­sovs­ky en concert au festival « Plötz­lich am Meer » (2013)

Le musicien électro Erich Lesovsky propose mieux que le rappeur berlinois Sido dont le premier album se nommait Maske (Masques), mieux que Cro dont la marque de fabrique est un panda, et mieux encore que le groupe d'électro-hip-hop Deichkind : son masque clignote. « Cela provient tout simplement de mes bricolages à base de LEDs, mais je ne sais plus pourquoi j'ai fini par en faire un masque. J'ai donc maintenant deux yeux en LED et ma bouche peut même briller en trois couleurs différentes. »

Bokka, Pologne

Bokka, « Town of Strangers »

Personne ne sait qui se cache derrière les masques du trio polonais Bokka. Le groupe, formé en 2013, ne fait pas que porter d'étranges masques-miroirs semblables à de vieux masques de plongée mais joue la carte de l'anonymat à cent pour cent : les membres du groupe n'apparaissent jamais personnellement dans leurs clips officiels et ne postent aucune photo de presse. Même leurs noms ne sont qu'un écran de fumée - le public préfère se concentrer sur leur son particulier, souvent comparé à celui d'artistes tels que Lykke Li, The Knife ou Autra et Fever Ray.

Sleep Party People, Danemark

Sleep Party People, « I'm Not Human At All »

Brian Batz, la tête pensante du groupe électro danois, a déclaré que les masques de lapin les aidaient à surmonter leur timidité et à se concentrer sur le son pur et psychédélique de Sleep Party People

Bloody Beetroots, Italie

The Bloody Beetroots, « Cornelius »

Les masques du combo électro-punk italien sont un hommage à la « commedia dell'arte ». Le leader et guitariste du groupe, Sir Bob Cornelius Rifo, aimait le Carnaval quand il était enfant. Les masques auraient le pouvoir d'attirer l'attention des gens et de les transporter dans une autre dimension. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les masques des trois jeunes gens ne font cependant pas référence, comme on pourrait le penser, au personnage de comics « Venom », mais à Spiderman, et sont devenus la marque de fabrique des Bloody Beetroots.

SBTRKT!, Grande-Bretagne

SBTRKT!, « Wildfire » feat. Little Dragon

Le Britannique Aaron Jerome veut échapper à tous les stéréotypes musicaux, d'où son nom de scène (provenant de l'anglais substract). Il explique en interview que ses masques tribaux représentent son refus de personnification et qu'il n'est, de plus, pas vraiment la plus sociale des personnes. Le DJ et producteur de Nu Jazz ne veut pas non plus s'enliser dans son propre son. D'ailleurs, sur son dernier album, Wonder Where We Land (octobre 2014), le Londonien a mixé R&B, House, Bass et Dubstep.

Subcarpati, Roumanie

Subcarpati, « Balada romanului »

Trip-Hop, Dubstep et Folklore roumain ? Incompatibles ? Eh bien si. The Guardian définit le genre du groupe roumain Subcarpati, créé en 2010 par Șuie Paparude et MC Bean (Alexe Marius Andrei), comme de l'Underground-Folklore. Les masques traditionnels roumains ne manquent bien évidemment pas sur l'album Pielea de gaină (2014) que le groupe a sorti seul.

Pelo Mono, Espagne

Pelo Mono, « WAAAAGHT! »

Les membres du duo espagnol originaire de Grenade, Pelo Mono, alias Antonio et Pedro, portent sur scène un masque de chimpanzé et un masque vert. Seulement, le trou trop petit au niveau de l'œil droit du masque de chimpanzé ne lui permet pas de voir correctement, explique Pedro dans une interview. Quoiqu'il en soit, ces masques auraient du succès auprès des enfants. Quiconque veut les voir « dévêtus » de leur masque peut également écouter Guadalupe Plata, un autre groupe dans lequel ils jouent.

Ufoslavians, Ufoslavie

The Ufoslavians, "Cigančica"

Velebeat et Dubimir ont créé le duo The Ufoslavians en 2014 avec la modeste ambition « de réunifier les Balkans et de promouvoir des pays et artistes sous-représentés ». Reste à savoir si leur mix, pour le moins audacieux, de rythmes balkaniques, reggae et électro et leurs combinaisons vertes fluorescentes pourront y contribuer.