Culture

La Macédoine, terre de contrastes

Article publié le 8 avril 2008
Article publié le 8 avril 2008
A cause du veto de la Grèce, la Macédoine n’a pas été invitée à rejoindre l’Otan lors du Sommet de Bucarest. Le pays se retourne vers l’UE. Les négociations pour son adhésion seront lancées fin 2008.

Pour certains Macédoniens, les Albanais n'appartiennent pas vraiment au pays. Et des Albanais décréteraient volontiers la séparation d’avec la Macédoine, pour être rattachés au Kosovo. Bienvenue en Macédoine, comme l’appellent la Russie, la Chine, la Turquie et les États-Unis. Ou bienvenue en « ancienne République yougoslave de Macédoine », selon l’UE et la Grèce. D’autres disent, simplement, Skopje.

Le nom exact de ce petit État balkanique d'une superficie de 25 613 kilomètres carrés ne fait pas l'unanimité. En explorant le pays ou en restant dans la capitale, on constate d’ailleurs très rapidement qu’il est divisé, physiquement et en termes d'identité, par le fleuve Vardar et par les deux groupes ethniques principaux. Le peuple macédonien compte 60 % de Chrétiens orthodoxes et environ 35 % de Musulmans albanais et turcs. Enfin, 2,5 % de la population est Rom et Serbe.

Porsche et sans-abris

Dans ce pays sans nom officiel, les rapports avec la Grèce sont gelés. Les Albanais du nord pourraient être à l’origine d’un conflit à l’avenir. Et des murmures d'indépendance commencent à se faire entendre. Car la réalité est riche en contrastes : les Albanais vivent dans des quartiers de la ville où les Macédoniens ne vont pas vraiment et le souvenir du conflit sanglant qui les a opposés pendant toute l’année 2001 continue de marquer les esprits. Skopje entend résolument créer et conserver une ambiance plus européenne mais, depuis son indépendance en 1991, les relations entre la Grèce et la Macédoine sont tendues. Cette dernière souhaitant acquérir un nom, un drapeau et une constitution propre. Face à ces revendications, l’une des réserves de la Grèce tient au fait qu’il existe déjà une province appelée Macédoine au nord, de tendance conservatrice. Cependant, malgré une certaine animosité, beaucoup de Macédoniens visitent Salonique et parlent ou, du moins, comprennent le grec.

Les Macédoniens sont de nature plutôt généreuse et la majorité d’entre eux parle anglais et n’hésitera pas à vous aider si vous le leur demandez. Le soir, il vous arrivera de voir des groupes de musulmanes se promener sous d'immenses affiches présentant le DJ américain David Morales. Observez le principal pont de la ville : en dessous s'abritent des mendiants et dessus roule un nombre impressionnant de Porsche ou de Lexus. Vous entendrez des pro-européens modernes débattre avec véhémence de la nécessité pour leur pays d’entrer dans l’UE et l’Otan. Des centaines de Macédoniens conservent, eux, une certaine nostalgie du dictateur Tito et ont même créé un parti politique, l’« Union des forces de gauche titistes », en souvenir de lui.

Toutes les photos : (www.nikos-chrisikakis.net)