Culture

Kodaline : le monde parfait n'existe pas

Article publié le 20 janvier 2014
Article publié le 20 janvier 2014

2013 est un peu l'année du dépucelage pour Kodaline. Leur premier album studio, In a perfect world, est sorti en juin. Leur single Give me a minute a battu un record en devenant le premier morceau produit par une maison de disques indépendante à caracoler en tête des charts irlandais. Tout ça valait bien une interview lors du festival Eurosonic de Groningue.

Cer­tains les com­parent à Cold­play, d’autres à Keane, mais Ko­da­line s'en fout. « Les com­pa­rai­sons font par­tie de la vie quo­ti­dienne, et franchement, on aime les 2 groupes », ré­pond Ko­da­line à mon im­per­ti­nence. Les 4 Ir­lan­dais ins­pirent une no­tion de Karma. Et il est clair qu’ils savent ce qu’ils font, tout en le faisant bien. Le quator a rem­porté un EBBA (Eu­ro­pean Bor­der Brea­king Awards, (prix qui ré­com­pense le suc­cès de dix ar­tistes ou groupes émer­gents qui ont trouvé un pu­blic en de­hors de leur pays grâce à leur pre­mier album dis­tri­bué in­ter­na­tio­na­le­ment au cours de l'an­née écou­lée, ndt) à Gro­ningue, avant d'être désigné « meilleur groupe eu­ro­péen de 2013 » par le pu­blic. Leur album In a per­fect world a connu un suc­cès aussi viral en Ir­lande qu’à l’étran­ger. Juste avant qu’ils ne montent sur scène, nous avons eu l’oc­ca­sion de leur poser quelques ques­tions sur leur monde ima­gi­naire et sur leur ville na­tale, Du­blin, en pleine mutation entre post-crise et post-rock

Ca­fé­ba­bel : Quelle est votre vi­sion du monde par­fait ?

Ko­da­line : Le monde par­fait n’existe pas. C’est un concept sub­jec­tif, sujet à l’in­ter­pré­ta­tion. Qu’est ce que tu crois ? C’est juste pour sa­bo­ter les in­ter­views et per­tur­ber les jour­na­listes qu'on dit ça ! (rires) Blague à part, In a per­fect world était le single de notre pre­mier EP. C’était une chan­son très in­time et per­son­nelle, dont l’es­prit vit en cha­cun de nous.

Ca­fé­ba­bel : Quelle est la si­gni­fi­ca­tion de la cou­ver­ture de votre album, si fas­ci­nante ?

Ko­da­line : Les 3 gars sont seuls et iso­lés, mais tou­jours en­semble. Il existe un parral­lèle entre eux et nous 4, qui vi­vons aussi une expérience collective. On a trouvé cette photo cool, parce que tu peux la re­gar­der pen­dant long­temps. En plus, elle va bien avec notre mu­sique. C’est dif­fi­cile à ex­pli­quer, mais elle colle bien avec nos mor­ceaux.

Ca­fé­ba­bel : Cer­tains disent que vous n’êtes qu’une copie de Cold­play.

Ko­da­line : Nous sommes Keane, Cold­play, ou n’im­porte quel autre groupe. Les com­pa­rai­sons font par­tie de la vie. On com­pare tout, tout le temps. Et Cold­play est une  bonne com­pa­rai­son : nous avons grandi avec leur mu­sique, du coup on ne le prend pas trop mal.

Kodaline - « All I Want (Part 1) »

Dublin et des jeux

Ca­fé­ba­bel : Après plu­sieurs an­nées de crise et de coupes dans le domaine de la culture, quelle est la si­tua­tion à Du­blin ?

Ko­da­line : Nous avons pas mal d’amis qui sont sur le point de finir leurs études, mais il n’y pas de jobs. Beau­coup d’entre eux partent pour l’Aus­tra­lie et les États-Unis. En ce qui concerne la scène cultu­relle et mu­si­cale, Du­blin est très dy­na­mique. Ac­tuel­le­ment, il y a énor­mé­ment de groupes qui émergent. On n’avait pas vu ça de­puis 10-15 ans ! On di­rait que les res­tric­tions so­ciales et cultu­relles ont poussé les gens à être ac­tifs et créa­tifs.  Jouer et faire de la mu­sique est un vé­ri­table échap­pa­toire. Il y a quelques temps, lorsque le pays s’est écroulé éco­no­mi­que­ment par­lant, la culture a pro­li­féré. Les épreuves unissent les gens : lorsque tout le monde est en dif­fi­culté, les gens se re­trouvent sur une base com­mune.

Ca­fé­ba­bel : À quoi res­semble la scène mu­si­cale du­bli­noise au­jour­d’hui ?

Ko­da­line : Il y a en­vi­ron 20 concerts par weekend, et en­vi­ron 50 groupes qui jouent. Parmi ces groupes, une ving­taine n’est qu’ins­tru­men­tale. His­to­ri­que­ment, c’est quelque chose de nou­veau parce que c'étaient les groupes de folk qui pré­do­mi­naient. Mais main­te­nant, on trouve un grand nombre de groupes post-rock qui percent et at­tirent le pu­blic. God is an as­tro­naut etAnd so I watch you from afar font des tour­nées eu­ro­péennes et ré­in­ventent la mu­sique ins­tru­men­tale. Bien évi­dem­ment, il y aussi pas mal de groupes de rock, mais la scène n’est plus stan­dar­di­sée.

Ca­fé­ba­bel : Dans quelles villes eu­ro­péennes avez-vous pré­férés jouer jus­qu’à main­te­nant ?

Ko­da­line : Tous nos concerts aux Pays-Bas ont été ex­tra­or­di­naires. Le Pa­ra­diso (à Am­ster­dam, ndt) est une salle in­croyable. Nous avons aussi joué en Suisse, et en terme de salle et de cadre, c’était stu­pé­fiant, avec les Alpes au­tour de nous, on ne voyait même pas le pu­blic. Nos pre­miers concerts en Ita­lie, à Milan, au Tun­nel, sont tout aussi mémorables : le pu­blic était in­croyable et le concert était com­plet.

Écouter : Kodaline - In A Perfect World (B-UNIQUE/RCA)