Culture

Fernando Solar : la luthe contre le réchauffement climatique

Article publié le 13 novembre 2015
Article publié le 13 novembre 2015

Jeune luthier madrilène, Fernando Solar, est passé des copeaux de bois aux boîtes et emballages usagés. Pourquoi ? Pour une bonne cause : réapprendre aux enfants des valeurs telles que le compagnonnage, le respect des autres et de l'environnement. 

Fernando Solar fait partie d'une famille de luthiers installée dans le quartier Malasaña, au coeur de Madrid. À 35 ans, il représente la troisième génération des luthiers Solar, après son père et son grand-père. L'héritage familial se poursuit, et ça ne pouvait pas être autrement, parce que Fernando est « né dans le copeaux ».

Son lien avec la musique tient de l'obsession, tandis que le sens du recyclage lui vient de la famille. Son grand-père, créateur de l'entreprise, a construit son premier violon à 8 ans seulement. Avec son imagination d'enfant, il a crée un instrument avec différents déchets de bois qu'il pouvait trouver, convaincu qu'ils pourraient donner vie à sa première oeuvre de luthier. 

Neuf décennies se sont écoulées et c'est le petit fils qui reprend le flambeau. En association avec l'organisme Ecoembes, il participe au projet social « La Musique du recyclage », qui propose une formation musicale avec des instruments recyclés pour les enfants exclus socialement. « J'étais immergé dans le monde de la musique et j'ai découvert l'Orchestre des Instruments Recyclés de Cateura au Paraguay. Ça m'a fasciné, cette manière dont les gens se débrouillent pour créer de la musique. C'est incroyable d'entendre une boîte tinter », raconte Fernando. 

Quand les responsables de ce projet lui ont proposé de participer en tant que luthier de la « Musique du recyclage », il n'a pas hésité un instant. « En plus de faire quelque chose pour la planète, nous donnons aux enfants sans ressources l'opportunité de faire de la musique, ce qui est une activité plutôt élitiste d'habitude », ajoute-il. Comme le remarque Fabio Chávez, directeur de l'orquestre de Cateura, « les gens nous apportent leurs déchets et on en fait de la musique ».

En ce moment, c'est Fernando qui s'occupe du design de ces instruments durables même si son objectif est que ses élèves à leur tour fassent d'une boîte de gâteaux un instrument de musique. Selon lui, « la vie n'a pas gâté ces enfants et c'est une manière de leur donner une alternative saine et de leur transmettre des valeurs véhiculées par la musique et l'écologie, telles que le respect de l'environnement et des autres, ou encore le compagnonnage. Grâce à ce travail, je souhaite leur donner les outils qui leur permettront de devenir les futurs luthiers du recyclage ».

Fernando retrouve une mine sérieuse quand il cesse de parler des enfants et qu'il doit traiter avec les adultes, et plus particulièrement avec les politiques et représentants de la société. Il leur demande, lors de prochains débats sur les nouvelles mesures sur le réchauffement climatique de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP21) de prendre conscience que « tout ce qui se fait est un premier pas. Il y a toujours des gens qui jurent plus par l'argent que par l'humanité et la planète mais il faut se dire que peu à peu nous réagirons tous et nous adopterons un modèle de vie plus durable ».

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Cet article fait partie d'un projet intitulé #21faces qui propose de faire le portrait de 21 jeunes écolos innovants à travers l'Europe en amont de la COP21, la grande conférence mondiale sur le climat organisée à Paris.