Culture

Café Label en août:The Verve et Mañana

Article publié le 22 août 2008
Article publié le 22 août 2008
A Manchester, The Verve revient sur le ring pour un 4e round victorieux pendant qu’Istanbul frémit sur les rythmes de Zi punt et qu’Hanovre salue la compil soignée de Mo' Horizons.

The Verve - Fourth

©myspace.com/theverve

©Virgin RecordsC’est incontestable. A Manchester, The Verve, pur produit du terroir, compte comme un groupe majeur sur la scène rock alternatif britannique. Son succès doit beaucoup au charisme de Richard Ashcroft, à sa voix magnétique et au succès très controversé de la fameuse Bittersweet Symphony. En 18 ans, le groupe a connu des hauts et des bas vertigineux, agité très souvent par des scandales à répétition.

Les séparations et les déchirements, parfois aussi douloureux que furent nombreuses les réconciliations, ne les auront toutefois pas couchés KO sur le tapis. La surprise est donc grande quand les fans apprennent en 2007 qu’Ashcroft reforme son groupe sulfureux, dans son exacte composition d’origine. Fourth n’est pas un nouvel album qui vient flatter les plus chauds adeptes d’un groupe arrivé à maturation, il risque aussi de plaire aux oreilles de nouvelles recrues.

Sortie le 22 août - Label : Virgin

Zi Punt - Nudge Nudge

©myspace.com/zipunt

©Elec Trip/CargoSi Istanbul est la Mecque des parties de notoriété publique, de l’autre côté du Bosphore, les rythmes occidentaux et orientaux se chevauchent en pulsant sur le même Divan où trône Chi K, interprète de nouveaux standards de musique électronique turque mêlant tonalités très « people » aux rythmes traditionnels.

Nudge Nudge a déjà reçu bien des éloges, notamment de la part de MTV Turquie. Ce trio prometteur propose une mixture particulière de techno, de Chis et de rock. Sésame magique pour s’ouvrir et faire danser les meilleurs clubs de Londres, de Paris, de Milan ou de Barcelone. Salué ardemment par la crème de la scène pop berlinoise, le premier pas vers la gloire vient d’être franchi.

Sortie le 12 septembre 08 - Label : Elec Trip/Cargo

Gelka - Less is more

©myspace.com/gelka

©gelka/myspaceLe nom de ce groupe hongrois fait référence à celui d’un service de réparation d’appareils électroménagers très connu sur la Puszta, la steppe hongroise, à l’époque du régime communiste. C’est au cours d’une partie de Monopoly que Serge et Alex, les deux fondateurs de cette formation, lui trouvent ce titre. Depuis, Sena, une chanteuse originaire du Ghana est venue se joindre à eux.

Occasionnellement, d’autres chanteurs et chanteuses de ce pays d’Afrique occidentale accompagnent le groupe comme guest-stars. Less is more est un album empreint d’un ton tout droit issu de la musique traditionnelle magyare qui joue habilement sur un registre contradictoire où se mêlent joie et mélancolie. Gelka a obtenu ce dont beaucoup rêvent et qui, à l’Est de l’Europe, est encore difficile à décrocher : un engagement sous contrat avec le légendaire label de Nightmares on wax (DJ Ease originaire de Leeds). Les « fauves de Budapest » ainsi lâchés pourraient bientôt devenir une référence sur la scène techno et électro des bords du Danube. 

Sortie le 29 août 2008 - Label : Wax on Records/Nova Media

Mañana - Interruptions

©Meienberg Multanen Fotografie

©RodeostarC’est à l’occasion d’un concours ouvert aux jeunes talents organisé à Bâle que ce groupe a été découvert. Il ne leur a pas fallu bien longtemps pour se faire connaître. Un coup d’essai ou un coup de maître, séduit, un gros producteur de vidéos a frappé un beau matin à leur porte et choisit la chanson Miss evening comme thème du jeu vidéo Fifa Football 2005.

Soutenu par un réseau de fans à la croissance exponentielle, ces jeunes gens ont été pressentis pour les Awards américains de musique en 2007. Les sonorités de leur nouvel album Interruptions évoquent tout à la fois Sigur Ros, Doves et Radiohead. Les puissantes attaques des chansons de Mañana sont comme la griffe de leurs morceaux où ils laissent la plus entière liberté d’expression à leurs guitares et à leurs claviers.

Suivant leur propre inspiration, ils usent largement de toute la gamme de couleurs qu’offre la palette sonore, sans craindre d’en rajouter plusieurs couches au passage. Les chansons optimistes sont aussi un tantinet languissantes. « Des voix qui captivent, c’est tout ce qui compte pour nous », résume Bürkli le chanteur du groupe.

Mo' Horizons - Sunshine Today

©myspace.com/mohorizons

©beatsinternationalBien que la capitale de Basse-Saxe se trouve bien loin de la mer, à Hanovre, les palmiers sont quand même visibles cette année, bercés par la vague musicale de Mo' Horizons. Sur cette plage inattendue, un cocktail de bossa nova et de funk vous est servi par Ralf Droesenmeyer et Mark Wetzler, deux musiciens complètement fêlés.

En 1998, ils en ont eu soudain ras le bol de l’insipide purée qu’on servait dans les boîtes. Ils ont décidé de faire leur propre soupe avec les légumes de leur jardin. Jazz, musique soul et rythm&blues Boogaloo. Et voilà Mo' Horizons qui mijote ! Pas un coin de la planète où le potage de ces deux doux dingues n’ait été écouté. Leurs créations musicales ont fait beaucoup plus pour la compréhension entre les peuples que bien des discours politiques.

Ils ne lassent jamais les oreilles et refusent de débiter une musique formatée et calibrée. Pendant 10 ans, en voguant et sinuant sur la terre entière, ils ont puisé leur inspiration dans une prodigieuse quantité de styles. C’est ainsi qu’ils ont ajouté une note supplémentaire et personnelle sur la grande partition de l’histoire de la musique.

La compilation des morceaux de cette riche décennie de découvertes se constitue de quatre albums. Ils ont veillés attentivement à ce que leurs morceaux favoris y figurent prenant un soin tout particulier, par souci éthique, à remixer eux-mêmes certains morceaux d’un album de jubilé proprement jubilatoire.