Culture

2012 sera fait d'« accalmie » et de dîner en tête-à-tête

Article publié le 11 janvier 2012
Article publié le 11 janvier 2012
Les British concluent l’année dans une véritable « accalmie » (« the lull ») pendant que les Allemands passent à la « nouvelle année dans un état d’épuisement ». Au moins, au cours des cérémonies de vœux qu’ils ont adressés à leurs concitoyens, les chefs d’État français et allemand nous ont mis en garde pour cette nouvelle année : la conjoncture n’est pas prête de s’améliorer.

Tout le monde, pour ainsi dire, a repris le « chemin du travail et de l'école », ce qui a conduit le quotidien britannique The Guardian à qualifier ces deux semaines de vacances « d’accalmie » (« the lull »). Ce nom tire son origine d’une locution équivalente que l’on retrouve en allemand, encore que celle-ci prenne le sens d’endormir quelqu’un « en le berçant » (« jemanden einlullen »). Ils ne possèdent sans doute pas de terme précis pour nommer l’inertie des vacances de fin d’année, mais les Allemands décrivent très exactement leur état comme étant un « calme » de type météorologique : par la formule « eine Flaute haben», on doit comprendre qu’ils sont en situation de « calme plat ». Chez les Allemands, le sens le plus juste pour l'expression anglaise « accalmie » tire également son origine de l’impression de « lassitude de fin d’année » (« Neujahrsmüdigkeit »).

Quoi qu’il en soit, les Allemands étaient sûrs qu’en début d’année ils en arriveraient à ce stade. Dinner For One, un sketch comique anglais qui, chose curieuse, est plus célèbre au-delà des frontières britanniques, et qui marque une coutume télévisuelle bien connue des Allemands à la Saint Sylvestre, a fait les gros titres en parodiant les chefs d'État français et allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, cherchant à régler les problèmes de la zone euro. Leurs têtes ont été superposées à celles du « majordome » et de la « dame âgée attablée pour dîner » alors qu'elle recevait comme convives imaginaires les dirigeants des autres pays européens. Un jour plus tard, lorsque l’on fêtait les dix ans de l’euro, les deux chefs d’État faisaient leurs simagrées pendant les cérémonies de vœux pour alerter les citoyens : en matière de finances, ce ne serait « pas le calme plat ». Nous dirions même plus que 2012 serait une calamité.

Photo : Une(cc) CrazyFast/ flickr/ vidéo (cc) OpenEyes911/ youtube