Bruxelles

Van Dam frappe les trois coups

Article publié le 27 novembre 2012
Article publié le 27 novembre 2012
Par Aris Kokkinos Dans un décor de baraque foraine isolée, une galerie de personnages, bohèmes et mystérieux, chante et déclame tour à tour ses nombreuses passions. Magical Master Class Vieux Condottiere désarçonné, Orphéo (José van Dam) est un Maître, non de musique mais de magie, pleurant sa gloire passée et sa femme disparue.
Contre son avis, son fils Fantin (Pierre Dherte) marche sur ses traces, dans un universel conflit entre le père et son enfant. Marguerite (Pascale Vyvère), volage épouse de Fantin, tente de rapprocher les deux maîtres. Surgit Alice (Anouchka Vingtier), échappée de Wonderland, fantasme de la femme idéale tant pour Orphéo que pour Fantin. Elle est poursuivie par le docteur Munch (Benoît Van Dorslaer), disciple d’un certain Sigmund, et qui, en Bottom de cage à lapins, aura tôt fait de séduire Marguerite. La pièce, qui recèle de nombreux tours de magie, est rythmée par la musique de Pascal Charpentier et de ses six musiciens. Mise en scène par Sybille Wilson, cette œuvre de Thierry Debroux est sibylline à plus d’un titre. Condensé d’art total, où le lyrisme wagnérien croiserait la dramaturgie brechtienne, que l’on n’y cherche cependant ni ode au romantisme, ni fougue révolutionnaire.

Amours, toujours…

Sur un des cadres accrochés dans les recoins du théâtre, le spectateur trouvera ce qui pourrait bien être l’inspiration de la pièce. On y voit les deux plus grands magiciens qui soient, le Français Jean-Eugène Robert-Houdin (de passage au Théâtre du Parc en 1846, il vit sa recette escamotée pour cause de trop nombreuses places offertes) et son fils spirituel, l’Américain Harry Houdini (de son vrai nom Erik Weisz, il prit son nom de scène en hommage au maître). C’est bien sûr l’amour qui, en filigranes, est au centre de la pièce. Amour filial, amour de l’art, amour tout court. Irrationnel souvent, magique toujours.

Le Maître des illusions est en représentation du 22 novembre au 22 décembre, ainsi que le 31 décembre pour une Saint Sylvestre féerique.

(Photo Credits - Isabelle de Beir)